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ONU / Climat

Avec son discours et une plainte, Thunberg marque le sommet climat

La Suédoise Greta Thunberg au siège de l'ONU, le 23 septembre 2019.
La Suédoise Greta Thunberg au siège de l'ONU, le 23 septembre 2019. REUTERS/Carlo Allegri

Le sommet sur le climat a réuni une soixantaine de dirigeants internationaux lundi à l’ONU. L’objectif du sécrétaire général, Antonio Guterres, était de redonner une impulsion aux engagements dans la lutte contre le réchauffement climatique, alors que les prévisions des scientifiques sont de plus en plus alarmistes. Mais en dehors des discours des uns et des autres, c’est l’intervention de la jeune militante suédoise Greta Thunberg qui a retenu l’attention.

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Avec notre correspondante à l'ONU, Carrie Nooten, et notre envoyée spéciale,  Murielle Paradon

Vêtue de rose, la voix tremblante, Greta Thunberg exprime sa colère devant les dirigeants du monde entier. Ils étaient venus vanter leurs progrès en matière de protection de l’environnement. La jeune militante suédoise les ramène brutalement à la réalité de l’urgence climatique, avec ce vibrant réquisitoire.

« Je ne devrais pas être là, je devrais être à l’école, de l’autre côté de l’océan. Maintenant vous venez devant nous les jeunes pour nous parler d’espoir ! Comment osez-vous ? Vous avez volé mes rêves et mon enfance, avec vos paroles creuses. Et encore je suis parmi les chanceuses. Les gens souffrent, les gens meurent. Des écosystèmes entiers s’effondrent. Nous sommes au début d’une extinction de masse et tout ce dont vous parlez c’est d’argent et de contes de fées de croissance économique éternelle. Comment osez-vous ? »

Longuement applaudie, Greta Thunberg quitte le podium et laisse la place aux discours des chefs d’État. Surprise, Donald Trump qui ne devait pas assister au sommet, jette une tête quelques minutes. Le président américain, qui rechigne à défendre la cause climatique, arrive au moment où la jeune Suédoise s’en va. Il est entouré d’un imposant dispositif de sécurité, il ne la verra même pas.

Une plainte enregistrée

L'ado ne disparait pas pour autant de la scène médiatique tout de suite. Avec quinze autres jeunes encadrés par l’Unicef, elle décide de porter plainte formellement contre cinq pays qui ont violé la Charte des droits de l’enfant, auprès du comité éponyme des Nations unies. Une plainte symbolique, historique aussi, pour réclamer un réel changement dès maintenant afin que la crise climatique n’ait pas d’impact négatif sur leur quotidien, et protester contre le manque d’action de la part des gouvernements actuels.

Ils sont âgés entre 8 et 17 ans, sont délégués d’Alaska, de Tunisie, des îles Marshall ou Palau… Tous ont vécu personnellement des épisodes de crise climatique, c’est pour cela qu’ils ont décidé de porter plainte. Iris Duquesne, 16 ans, a fait le voyage de Bordeaux et est autant en colère que le sont les autres.

« Ce n'est absolument pas normal que les enfants en arrivent à un tel point où il faut que nous nous levions pour demander aux adultes, crier pour notre futur. On a un droit de se plaindre, ils avaient un droit de nous protéger, ils ne l'ont pas fait, donc on utilise le droit de se plaindre pour leur demander de faire quelque chose. »

Pour plus d’efficacité, leur avocat leur a conseillé de cibler cinq des pays les plus influents au sein de la commission des droits de l’enfant, la France est parmi eux. Cette plainte surtout veut pousser à considérer la crise climatique sous un autre angle, comme l’explique l’avocat Scott Gilmore, du cabinet Hausfeld.

« Ce qui va aider à faire changer les choses, c’est reconnaître que la crise climatique, c’est une attaque contre les droits de l’homme. Très souvent, on en parle parce qu’on n'est pas en phase avec l’accord de Paris, parce qu’on n’a pas atteint tel ou tel objectif. Mais cet échec à atteindre nos objectifs de réduction des émissions signifie en fait menacer la vie d’un enfant. »

Les jeunes remarcheront aussi à travers la ville de New York vendredi, à la fin de l’Assemblée générale des Nations unies.

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