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Mexique/Alimentation

Le Mexique vote une loi pour endiguer le taux d'obésité alarmant du pays

Un passant mange à un stand de rue, dans les allées de Mexico, capitale du Mexique.
Un passant mange à un stand de rue, dans les allées de Mexico, capitale du Mexique. RONALDO SCHEMIDT / AFP

L'obésité est un fléau qui touche un tiers de la population mexicaine. Le gouvernement s’attaque au problème avec une nouvelle loi imposant de larges vignettes d’avertissement sur les produits trop gras, trop sucrés ou trop salés.

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Avec notre correspondante à Mexico,

Avec la loi qui vient d’être votée par le Parlement, les étiquettes alimentaires indéchiffrables vont être remplacées par de grandes vignettes qui avertissent que le produit est trop gras, trop salé ou trop sucré. Mais sensibiliser le consommateur à ce qu’il mange est une tâche immense, dans un pays où la tentation de la malbouffe est à tous les coins de rue.

Des stands de rue aux aliments trop gras et trop sucrés

À Mexico, à l'heure du déjeuner, les stands de rue fourmillent de clients affamés et les vendeurs de rue n'arrêtent pas : « Je vends des bonbons, des biscuits, des sucettes, de la crème de lait, du chocolat et des chips », précise un vendeur.

Une passante vient de lui acheter une bouteille de Coca-Cola et explique que c'est la boisson la plus répandue au Mexique : « La plupart des gens consomment beaucoup de sucre, c’est presque une tradition, dans les familles, l’on t’apprend à rajouter du sucre dans les boissons fruitées que l'on fait. C'est très addictif. » Le Mexique est d’ailleurs le champion mondial de la consommation de sodas, avec 163 litres en moyenne par an et par habitant. C’est sept fois plus que la moyenne mondiale !

► À écouter aussi : Grand Reportage - Le fléau de l'obésité au Mexique

Au stand d’à côté, les employés du coin font la queue pour un taco, une galette de maïs garnie de viande. Marisel, une femme âgée d'une quarantaine d'années, pioche dans un paquet de chips en attendant son tour. Elle consulte l’emballage : « Ça dit qu’il y a des graisses, du sel… Ce n'est peut-être pas 100% clair, mais en gros, c’est gras et c’est mauvais pour la santé. Mais les Mexicains aiment ça et vont continuer à en manger ! »

Comme en France, les étiquettes nutritionnelles des aliments sont rédigées avec des termes complexes qui ne permettent pas de se faire une idée claire de ce qu’apporte le produit. Une étude officielle montre même que les trois quarts des Mexicains ne savent pas de combien de calories leur corps a besoin chaque jour. Et près de la moitié des gens interrogés admettent ne pas comprendre ces étiquettes.

Privilégier une nourriture à petits prix

Pour cette Mexicaine, la population n'a pas l'habitude de manger très équilibré. « On n’a pas les moyens de se payer une salade au restaurant. Là, on mange vite et bien pour un euro cinquante, c’est ce que l'on peut se permettre de mieux avec ce que l'on gagne. Alors oui, à long terme, c’est mauvais, ça donne du cholestérol, mais qu’est-ce qu’on peut y faire ? »

►À lire aussi : Santé - l'obésité infantile explose dans le monde

Ce fatalisme s'ajoute aux remarques de certains observateurs soulignant que de simples étiquettes ne constituent pas une politique de santé. Même si plusieurs mesures ont déjà été prises dans le passé, comme la taxe instaurée sur les sodas et la malbouffe en 2014, elle n’a pas freiné leur consommation. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le montant de cette taxe est trop bas pour avoir un réel effet.

Une malbouffe très récente

Il y a 30 ans, le Mexique, qui est aussi l'un des grands pays producteurs de fruits et légumes, ne connaissait pas ce problème. L'arrivée du commerce international dans les années 1980 puis, en 1994, du traité de libre-échange avec le Canada et les États-Unis, ont entraîné l'arrivée massive des produits américains très transformés.

Le marché mexicain a soudain été inondé de maïs américain bon marché, de fast-food et de sirop de glucose : beaucoup de calories vides à bas coût. Dans le même temps, la production agricole mexicaine, comme les tomates, les avocats, les fraises, a commencé à s’exporter massivement vers les États-Unis. Un échange duquel le Mexique sort perdant en termes de santé.

Dans un pays où il est plus facile d’acheter du Coca-Cola que de l’eau, le chemin pour modifier les habitudes alimentaires semble encore long. Actuellement, le diabète est la première cause de mortalité au Mexique.

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