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Athlétisme

Nike rattrapé par le scandale de dopage Salazar

Figure majeure de l'athlétisme américain de ces 40 dernières années, Alberto Salazar a été suspendu pendant quatre ans l'agence américaine antidopage pour «organisation et incitation à une conduite dopante interdite».,
Figure majeure de l'athlétisme américain de ces 40 dernières années, Alberto Salazar a été suspendu pendant quatre ans l'agence américaine antidopage pour «organisation et incitation à une conduite dopante interdite»., AFP/Adrian Dennis

Une des conséquences indirectes de la suspension d’Alberto Salazar, entraîneur d’athlétisme le plus célèbre dans le monde : Nike, qui finançait son centre d’entraînement, est empêtré dans une affaire de dopage qui touche jusqu’à son PDG soupçonné d’avoir encouragé des pratiques illégales.

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« En tant que coureur, j’étais horrifié et choqué que cela soit possible » : ces quelques mots écrits par le patron de Nike Mark Parker, lui-même passionné d’athlétisme, dans un message aux salariés du groupe témoignent de son embarras.

Le voilà en effet obligé de réagir après les révélations de l’USADA, l’agence américaine de lutte contre le dopage. Le rapport révélé cette semaine après six années d’enquête dévoile les dérapages commis par Alberto Salazar, entraîneur de nombreuses stars du fond et du demi-fond, dont le Britannique d’origine somalienne Mo Farah, multiple champion du monde et olympique sur 5 000 et 10 000 mètres. Des expériences avec de la testostérone et autres produits dangereux, des injections d'acides aminés, des documents médicaux falsifiés. Autant de pratiques illégales au sein de l'Oregon Project (nord-ouest des États-Unis, un groupe d'entraînement de très haut niveau. À l’insu des sportifs, affirme le patron de l'USADA, Travis Tygart. Ils ignoraient les dosages, si c'était autorisé ou interdit. Ces athlètes étaient « des animaux de laboratoires », explique l’agence antidopage.

Mark Parker au courant

Des informations qui ne peuvent qu’interroger le rôle de Nike qui finance en partie ce projet créé en 2001 pour promouvoir l’élite des courses à pied longue distance sous la houlette d’Alberto Salazar.

Comment cet ancien athlète d’origine cubaine, triple vainqueur du marathon de New York (surnommé « Monsieur Persistance »), a-t-il pu mettre en place un système digne des centres d’entraînement de l’Allemagne de l’Est à la sombre époque du dopage orchestré par le régime communiste ? Dans un courrier électronique daté de 2009, un médecin qui collabore au Nike Oregon Project évoque des expériences menées avec de la testostérone sous forme de gel. Dans un autre courriel daté de 2011, Alberto Salazar parle de l’injection d’un mélange d’acides animés et de glucose à une dose très supérieure aux règlements de l’Agence mondiale antidopage.

Or, et c’est là que le dossier s’épaissit, ces deux messages avaient pour destinataire : le PDG de Nike. Dans l’une de ses réponses, il écrivait qu’il « serait intéressant de déterminer la quantité minimale d’hormone masculine requise pour déclencher un test positif ». Mark Parker se défend aujourd’hui : « vu que ces expérimentations étaient effectuées sous la supervision d’un médecin, je n’avais aucune raison de penser qu’elles ne respectaient pas les règles ».

La face cachée du sport

Au-delà d’éventuelles suites judiciaires, il est évident que cette accumulation de révélations gênantes ne pourra que nuire à la réputation d’une marque qui a notamment bâti son succès sur des stars du sport comme Serena Williams, Michael Jordan et actuellement dans le football Cristiano Ronaldo, Neymar ou Kylian Mbappé. Le groupe avait l’habitude de soutenir ses athlètes même dans leurs périodes difficiles, comme ce fut le cas pour le basketteur Kobe Bryant, accusé de viol, le golfeur Tiger Woods pris dans un scandale d’adultère, ou la joueuse de tennis Maria Sharapova, convaincue de dopage. Dans un premier temps, Nike avait d’ailleurs soutenu Alberto Salazar dans sa décision de faire appel de sa suspension pour 4 ans prononcée par l’agence américaine antidopage.

►À lire aussi : Affaire Salazar : le PDG de Nike balaie l'idée d'un système de dopage interne

Ce revirement certes partiel traduit certainement l’inquiétude d’un groupe qui réalise 10 milliards de chiffre d'affaires et accumule les records sur les marchés financiers. Mais le champion de la chaussure ne s’en sortira peut-être pas aussi facilement. « Nike doit rendre des comptes publiquement », estime Lauren Fleshman, ancienne athlète américaine qui porta les couleurs de la marque. « Si vous faites des pubs sur la pureté du sport tout en finançant la face cachée qui le sape, c’est un problème. »

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