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Equateur

Equateur: gouvernement et mouvement indigène se retrouvent pour négocier

Manifestations à Quito le 12 octobre: la violence des affrontements a conduit le président Lenin Moreno à décréter un couvre-feu.
Manifestations à Quito le 12 octobre: la violence des affrontements a conduit le président Lenin Moreno à décréter un couvre-feu. REUTERS/Ivan Alvarado

La capitale de l'Equateur a vécu ce samedi 12 octobre une journée de violences sans précédent au 11è jour de la contestation contre la fin de subvention sur les carburants. En réponse le président Lenin Moreno a  ordonné un couvre-feu de 24 heures. Mais en parallèle un dialogue entre le gouvernement et le principal mouvement indigène se tiendra ce dimanche en début d’après-midi dans la capitale équatorienne. Ces tensions sont le fruit des forces contradictoires qui s'exercent. Explications.

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avec notre correspondant à Quito, Eric Samson

Depuis le début de ces 11 jours de trouble, énormément d’intérêts en jeu, parfois convergents parfois divergents.

Prenons le mouvement indigène. Il réclame officiellement la fin des mesures économiques imposées par le FMI, le rétablissement de la subvention sur les combustibles mais il a également un agenda pour interdire l’activité minière à grande échelle qui n’est pas nécessairement celui des syndicats. Et ce mouvement indigène n’est pas aussi uniforme qu’il veut bien le dire. Il a en son sein des partisans de l’ancien président Rafael Correa, actuellement réfugié en Belgique, qui lui souhaite des élections anticipées pour pouvoir être candidat et, s’il est élu, bénéficier de l’immunité par exemple parlementaire.

Pour cela, il faut que l'état d'exception soit déclaré, l’Assemblée nationale qui se réunit ce lundi à Salinas pourrait par exemple le faire…

Si beaucoup du coup soupçonnent l’ancien chef d’Etat d’être derrière les troubles, le président Lenin Moreno lui n’a aucun doute... Il l’a encore répété samedi soir à la télévision. « Tout est complètement clair et heureusement, ça l’est aussi pour nos frères indigènes. Ce sont les trafiquants, ce sont les trafiquants de drogues, la bande criminelle des Latin Kings, les partisans de l’ancien président Rafael Correa qui sont les responsables directs de ces actes de vandalisme. Par chance, les indiens les ont détecté et les expulsent de leurs rangs ».

Durant les premières manifestations, on a parfois vu effectivement les indigènes expulser des infiltrés et même les remettre à la police. Mais jeudi dernier, le président de la Confédération des nationalités indigènes de l’Equateur a critiqué la répression de la Police et n’a pas hésité à demander à l’armée de lâcher le président, ce qui ressemble fort à un appel au coup d’Etat.

Samedi matin, un ex-préfet indigène d’ailleurs a déclaré sur les ondes d'une radio de Quito que les partisans de l’ancien président Correa avaient pris le contrôle de l’agenda de la manifestation. Il en voulait pour preuve des attaques contre l’immeuble de l’Inspection générale des Finances qui contient des informations sur des enquêtes en cours contre l’ancien président Correa. Face aux accusations d’avoir perdu le contrôle des évènements, la direction indigène a accepté de négocier aujourd’hui ce dimanche à 15 heures (locales) avec le président Moreno et c’est alors que les violences se sont multipliées partout à Quito comme si certains jouaient leur va-tout pour éviter une fin négociée au conflit…

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