Accéder au contenu principal
Revue de presse des Amériques

À la Une: Haïti en crise, Jovenel Moïse accuse «le système» sans convaincre

Jovenel Moïse, le président haïtien, s'est adressé aux médias lors d'une conférence de presse le 15 octobre 2019.
Jovenel Moïse, le président haïtien, s'est adressé aux médias lors d'une conférence de presse le 15 octobre 2019. REUTERS/Andres Martinez Casares

Publicité

L’éditorial du Nouvelliste d’aujourd’hui sonne comme une réponse à Jovenel Moïse : « Le président de la République et ses alliés, écrit l’éditorialiste, arguent que la crise actuelle est inventée par des membres du secteur privé pour des contrats coupés avec l’État haïtien. Bien plus, monsieur le président ! Dire que la grande majorité de la population croupit dans la misère, est-ce faux ? Que la classe moyenne (si elle existe) s’appauvrit à un rythme effréné ces dernières années, est-ce aussi faux ? Qu’ils sont nombreux à fuir le pays à cause de la misère et l’insécurité, est-ce tout aussi faux ? La vérité est que l’État a toujours été au service d’un groupe. Des décideurs. Le chef de l’État qui promettait monts et merveilles pendant sa campagne électorale et assurait avoir les outils pour contrecarrer le fameux “système” a déçu. À cause du “système”. » Et Le Nouvelliste de conclure : « Après 31 mois au pouvoir, le président Jovenel Moïse ne peut toucher le système qui l’a enfanté ».

L’agence haïtienne Alterpresse publie aujourd’hui une tribune de Frédéric Thomas. Ce docteur en science politique et chargé d’étude au CETRI, le Centre tricontinental en Belgique, accuse la communauté internationale d’être l’un des obstacles à la résolution de la crise haïtienne. « Jovenel Moïse s’accroche au pouvoir », écrit Frédéric Thomas. Pourtant, « force est de constater le fossé qui sépare le peuple haïtien des gouvernements occidentaux. Ces derniers n’ont en effet de cesse d’en appeler au dialogue. Ce faisant, c’est sur le peuple haïtien, et non sur l’État, que la pression est mise. D’ailleurs, vu d’Haïti, cela s’apparente à de l’ingérence, tant le maintien au pouvoir d’un président discrédité et impopulaire ne peut s’expliquer que par le soutien, implicite ou explicite, de l’international ».

Bolivie : Evo Morales déclare qu’un coup d’État est en cours

Le président sortant, qui ne s’était pas exprimé depuis dimanche soir, a donné une conférence de presse tôt ce matin « au milieu des incertitudes et des manifestations qui ont suivi les élections de dimanche », rapporte La Razon. « Evo Morales s’est dit totalement certain d’avoir remporté les élections. Il a ensuite fustigé la droite coupable, selon lui, de mener un coup d’État en Bolivie avec le soutien de la communauté internationale. Face à cette situation, le président a décrété l’état d’urgence et a appelé le peuple bolivien à défendre la démocratie », écrit le journal.

« Les derniers résultats partiels donnent en effet toujours Evo Morales en tête. Mais son avance pourrait se révéler insuffisante pour lui garantir une victoire dès le premier tour », constate de son côté El Pais.

Ces annonces constituent un changement dramatique de ton. Hier encore, Evo Morales avait invité l’Organisation des États Américains à venir en Bolivie pour vérifier le dépouillement. L’OEA avait d’ailleurs accepté cette proposition du président sortant « en raison des soupçons de fraudes apparus après l’interruption pendant une journée du système de transmission rapide des résultats », rapporte Cambio.

Chili : Sebastián Piñera fait son mea culpa et annonce une série de mesures

Au Chili, après cinq jours de manifestations massives contre la vie chère et les inégalités sociales, le président a annoncé des mesures concrètes mardi soir, parmi lesquelles une hausse des pensions de retraite et du salaire minimum. Certaines de ces réformes font partie des revendications formulées par les Chiliens ces derniers jours que Sebastián Piñera déclare « avoir entendues ».

Après cinq jours de soulèvement « était donc venu le moment hier où le gouvernement et les partis politiques se réunissaient pour se pencher sur les causes de la crise et les réponses à y apporter. C’était le moment des beaux discours et des annonces de bonnes intentions », constate sarcastiquement le quotidien El Mercurio de Calama. « Le président a fait des annonces, mais faut-il encore pouvoir les mettre en place ».

Pour cela, « un dialogue national est nécessaire », estime de son côté le quotidien El Sur. Le journal pointe du doigt « la responsabilité de la classe politique, du monde des affaires et de tous les secteurs de la société civile, médias y compris, tous incapables », selon l’éditorialiste, « de renforcer le dialogue social et la non-violence comme formule pour faire face aux grands problèmes du pays. Pour sortir de la crise actuelle », écrit encore El Sur, « il faut arriver à une entente nationale, puisque les manifestants dans les rues chiliennes ne critiquent pas seulement les décisions de l’actuel gouvernement, mais l’ensemble du système politique ».

Le président chilien avait appelé tous les partis politiques au dialogue. Mais la presse note aujourd’hui quelques absences. « Malheureusement, tous les acteurs politiques n’ont pas répondu présents à l’appel de Sebastián Piñera », constate El Sur pour qui « ces absences constituent un sérieux obstacle pour les jours à venir ». « Il est regrettable que le Parti socialiste par exemple n’ait pas participé aux discussions d’hier », estime de son côté La Tercera qui poursuit : « En raison du poids traditionnel du PS dans notre politique, son absence porte atteinte aux efforts déployés pour parvenir à des accords. C’est ni plus ni moins un manque de responsabilité vis-à-vis du pays », fustige le quotidien. « En ignorant son importance dans le paysage politique chilien des dernières décennies, le PS a laissé passer une opportunité historique pour jouer un rôle stabilisateur ».

États-Unis : témoignage explosif de l’ambassadeur américain en Ukraine devant la commission d’enquête de la Chambre

C’était un témoignage explosif devant la commission de la Chambre chargée de l’enquête en vue de la destitution du président américain. Pour la première fois, un éminent diplomate américain l’a confirmé devant les Représentants : un chantage a bien été exercé par la Maison Blanche sur la présidence ukrainienne, et ce afin de servir les intérêts politiques de Donald Trump. L’ambassadeur en Ukraine, Bill Taylor, a livré le récit détaillé de toute la séquence qui a précédé et succédé au coup de téléphone litigieux entre Donald Trump et Volodymir Zelenski. Et il confirme que Donald Trump souhaitait conditionner l’attribution de l’aide militaire à l’Ukraine à l’ouverture d’enquêtes sur les affaires du fils de Joe Biden et sur de prétendues interférences dans le scrutin de 2016.

Les éditorialistes sont littéralement vent debout. À l’instar du New York Times qui écrit : « Si le témoignage de l’actuel ambassadeur des États-Unis en Ukraine doit être pris pour argent comptant – et personne au sein de l’administration Trump n’a encore nié un seul mot de sa déclaration –, il n’y a désormais plus aucun doute : le président Trump a placé son avenir politique personnel au-dessus des intérêts des États-Unis. Il l’a fait aux dépens d’une politique étrangère établie de longue date, d’une alliance internationale cruciale et de la stabilité de l’ordre mondial. Et il a utilisé des centaines de millions de dollars des contribuables pour le faire ».

« Il y a des mots qui peuvent mettre fin à une présidence », estime le Washington Post. « Au fur et à mesure que les preuves des actes répréhensibles commis par Donald Trump se multiplient, les républicains s’accrochent à la dernière bouée qui leur reste : se plaindre de la procédure lancée par les démocrates ».

Et c’est justement pour cette raison que « les dirigeants démocrates doivent traiter les débats avec la gravité historique qu’ils méritent », souligne USA Today. « Cela signifie la tenue d’un vote pour approuver formellement l’enquête de destitution. En fin de compte », résume le quotidien, « les Américains auront été bien servis par les membres de leur administration - du lanceur d’alerte qui a découvert un abus et qui l’a signalé, jusqu’aux responsables actuels et anciens prêts à témoigner de ce dont ils ont été témoins. C’est la meilleure voie vers la vérité ».

NewsletterAvec la Newsletter Quotidienne, retrouvez les infos à la une directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.