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Bolivie

Bolivie: Evo Morales remporte la présidentielle au premier tour

Le président bolivien sortant Evo Morales durant une conférence de presse au palais présidentiel, le 23 octobre 2019.
Le président bolivien sortant Evo Morales durant une conférence de presse au palais présidentiel, le 23 octobre 2019. REUTERS/Manuel Claure

Le président bolivien sortant Evo Morales a remporté dès le premier tour l'élection présidentielle, d’après les résultats partiels de l'autorité électorale portant sur 99,99% des bulletins dépouillés. Les institutions internationales, comme l'OEA, questionnent certaines irrégularités du processus électoral.

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Le président bolivien sortant Evo Morales a remporté dès le premier tour l'élection présidentielle, dont le dépouillement fait polémique, d’après les résultats partiels de l'autorité électorale portant sur 99,99% des bulletins dépouillés.

Selon la page web du Tribunal supérieur électoral (TSE), le président socialiste totalisait 47,07% des voix, contre 36,51% à son principal adversaire, le centriste Carlos Mesa. Soit un écart supérieur aux 10 points de pourcentage nécessaires pour s'imposer dès le premier tour.

Le chef de l'État bolivien n'avait pas attendu ce résultat officiel pour se déclarer vainqueur de ce scrutin. « Nous avons gagné au premier tour », affirmait devant la presse jeudi le socialiste, au pouvoir depuis 2006 et en route pour un quatrième mandat 2020-2025.

Peu après, il s'était néanmoins dit pour la première fois ouvert à un second tour. « Si nous ne gagnons pas avec 10 points d'écart, nous respecterons » le résultat, « s'il faut aller au second tour, nous irons », avait-t-il déclaré.

► À lire aussi : Evo Morales s'exprime et dénonce un coup d'État

Mobilisation à La Paz

Le principal candidat d’opposition, Carlos Mesa, celui qui était initialement pressenti pour un second tour, a rejeté les résultats du scrutin et a appelé pour les jours à venir continuer à se mobiliser :

« Je veux vous dire tout d’abord de ne pas baisser les bras. Ensuite, de rester en action. Et enfin, que je suis avec vous. Ces manifestations pacifiques et démocratiques ne doivent pas cesser. »

Les manifestants sont déjà dans les rues depuis quatre jours, rappelle notre correspondante à La Paz, Alice Campaignolle. Ce jeudi 24 octobre dans la soirée, ils étaient des dizaines de milliers à scander leurs slogans à La Paz.

« Evo, encore une fois, certainement pas ! », pouvait-on entendre. Un manifestant s'exclame : « C’est une fraude, c’est sûr à 100%. Le minimum que devrait faire Evo maintenant, c’est d’accepter un second tour ».

Si l’appel à la mobilisation de Carlos Mesa est pacifique, l’ambiance est électrique. Les manifestants veulent en découdre. On entend souvent crier : « Pas de violence ». Mais beaucoup ne voient pas d’autre alternative. « Je ne crois pas que des mesures pacifiques puissent être efficaces. Ce n’est pas comme ça qu’on obtiendra du changement. Je crois que je ne suis pas le seul à vouloir recourir à la violence », dit l'un d'entre eux.

Il y a bien eu des heurts avec les forces de l’ordre en fin de soirée à La Paz. Et la ville de Santa Cruz, bastion de l’opposition, entame ce vendredi son troisième jour de grève générale.

Des irrégularités selon l'OEA et l'UE

Du côté international, l’Organisation des États américains (OEA) recommandait, avant ces résultats officiels, un second tour en raison du contexte excessivement tendu, en raison également des irrégularités observées dans le processus électoral, notamment l’arrêt du décompte des voix, sans explication convaincante, lundi toute la journée.

Le chef de la mission d'observation de l'OEA, Manuel Gonzalez, évoquait l'importance de la crédibilité des résultats pour toute la population : « Un des éléments fondamentaux pour organiser des élections justes et crédibles, c'est la confiance que l'on doit avoir dans l'autorité électorale. Les résultats d'une élection doivent être crédibles et acceptables pour toute la population, et non seulement pour une partie. En ce moment, étant donné la situation et le fait que le processus électoral a rencontré des problèmes évidents, la meilleure option reste d'organiser un second tour ».

L'Union européenne, quant à elle, a appelé jeudi 24 octobre à un second tour de la présidentielle en Bolivie. Elle partage « pleinement l'évaluation de l'OEA selon laquelle les autorités boliviennes devraient mettre un terme au processus de dépouillement en cours ».

« La meilleure option serait la tenue d'un second tour pour rétablir la confiance et s'assurer du respect du choix démocratique du peuple bolivien », a écrit Maja Kocijancic, une porte-parole de Federica Mogherini, dans un communiqué distribué à La Paz.

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