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Équateur

Bientôt la fin des médecins cubains en Équateur

Les médecins cubains, ici au Brésil en 2013, sont envoyés un peu partout dans le monde par le régime castriste.
Les médecins cubains, ici au Brésil en 2013, sont envoyés un peu partout dans le monde par le régime castriste. EVARISTO SA / AFP

Le gouvernement de Lenin Moreno a décidé de mettre fin aux accords souscrits entre les ministères de Santé équatoriens et cubains du temps de l’ex-président Rafael Correa, chantre du socialisme du XXIe siècle.

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Les médecins sont depuis longtemps un véritable produit d’exportation de La Havane. Fort de la réputation de ses écoles de médecine, le régime cubain en a envoyé des dizaines de milliers dans le monde, notamment dans les régimes qui lui sont proches. Cela lui a permis de faire rentrer des dollars dans ses caisses qui en avaient désespérément besoin, rappelle notre correspondant en Équateur, Éric Samson.

Le système était très simple : au lieu de payer directement les médecins cubains, les pays comme l’Équateur versaient l’argent directement à l’ambassade cubaine qui n’en reversait qu'une petite partie à ses concitoyens. Outre le fait que la loi du Travail équatorienne interdit de verser un salaire à un intermédiaire, le système avait comme résultat que les médecins cubains étaient en fait les employés de leur gouvernement alors qu’ils étaient censés travailler pour l’Équateur. La ministre de l’Intérieur, Maria Paula Roma, en veut pour preuve le nombre de médecins cubains disposant d’un passeport officiel.

Remplacés par des praticiens locaux

C’est bien ce qui est remis en question aujourd’hui par Quito. La ministre de la Santé a annoncé mardi que son pays ne souhaitait plus entretenir ce genre de relation contractuelle avec Cuba. La ministre a précisé que la population ne serait pas affectée par le départ des médecins cubains, souvent détachés dans des zones géographiques défavorisées. Ces derniers en effet ne sont plus que 400 et leurs postes seront proposés d'ici la fin de l'année à des candidats équatoriens.

Cette décision a été approuvée par de nombreux docteurs locaux qui depuis des années mettent en doute la qualité de leurs collègues cubains formés dans des universités où les équipements souvent ne sont plus de dernière génération, faute d'argent.

Remise en cause du système en Amérique latine

Au-delà de l’Équateur, les médecins cubains semblent ne plus être les bienvenus dans un paysage latino-américain qui a changé, souligne notre correspondante à La Havane, Domitille Piron. L’accord de coopération médical avait été signé entre Raul Castro et Rafael Correa en 2013. Et c’est également l’époque à laquelle Cuba et le Brésil de Dilma Rousseff mettaient en place un programme d’échange similaire. Le contexte politique de ces deux pays a changé, comme au Salvador d’ailleurs, avec l’arrivée de présidents de droite qui semblent vouloir maintenir une certaine distance avec Cuba.

La Havane dénonce une campagne menée par Washington pour convaincre les pays latino-américains de ne plus embaucher de médecins cubains. Cette exportation de professionnels de santé rapporte à Cuba plus de six milliards de dollars par an.

Et on observe déjà des craintes de la remise en cause de la coopération médicale cubaine en Bolivie. En pleine crise politique et avec le départ d’Evo Morales, les 700 médecins sur place se sont vus demander de ne pas sortir de chez eux, afin de ne pas se mettre en danger et d’attendre les instructions de La Havane.

Six autres accords menacés

L’Équateur a fait savoir également que six autres accords avec Cuba dans le domaine de la santé allaient faire l’objet d’une enquête et pourraient bien être annulés également. C’est donc la nature même de ces programmes de coopération avec Cuba qui sont remis en cause.

L’année dernière déjà, le doyen de la faculté de médecine de l’université internationale de Quito avait critiqué l’exploitation des médecins cubains et estimait que leur présence était purement politique. À l’époque, l’ambassadeur cubain avait dû réagir en expliquant que ces accusations étaient fausses et que Cuba payait le logement, les vacances et le salaire de ses médecins, sans en préciser le montant.

Et régulièrement, les Cubains semblent devoir se justifier de leur programme de coopération médicale dans le monde : le président Miguel Diaz-Canel a rappelé la semaine dernière qu’il s’agissait d’un programme de solidarité internationale et qu’actuellement 29 000 professionnels cubains opéraient dans 65 pays du monde auprès de populations vulnérables.

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