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Bolivie

Bolivie: Cochabamba craint l'arrivée de partisans d'Evo Morales

Le calme est revenu à Cochabamba, mercredi, mais le nord de la ville s’est barricadé avant l’arrivée possible ce jeudi de partisans d’Evo Morales.
Le calme est revenu à Cochabamba, mercredi, mais le nord de la ville s’est barricadé avant l’arrivée possible ce jeudi de partisans d’Evo Morales. REUTERS/David Mercado

De nouveaux affrontements ont eu lieu à La Paz, mercredi, entre les partisans de l’ancien président et les forces de l’ordre, au lendemain de la proclamation d’une nouvelle présidente Jeanine Anez. La journée a en revanche été plutôt calme à Cochabamba. Mais le nord de la ville s’est barricadé avant l’arrivée possible, ce jeudi 14 novembre, de partisans d’Evo Morales venus des campagnes.

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Avec notre envoyée spéciale à Cochabamba, Marie Normand

Battes de base-ball ou barre de fer à la main, un groupe de jeunes discute, assis autour du rond-point de Cala Cala. Ce quartier du nord de Cochabamba est encore largement barricadé. Des barrages tenus par ce groupe qui se fait appeler Résistance juvénile Cochala et qui revendique 1 200 membres. Il s’est engagé depuis plus de trois semaines dans la lutte contre le pouvoir d’Evo Morales.

Des producteurs de coca en route

Depuis la démission du président, ces jeunes se sont donné comme mission de protéger leur ville. Ce mercredi soir, ils ont reçu des renforts venus de la capitale économique Santa Cruz. Leur objectif : empêcher les partisans de l’ancien président d’organiser un grand rassemblement à Cochabamba pour exiger le retour de leur leader. Ce sont surtout des producteurs de feuilles de coca, venus du Chapare tout proche, qui sont attendus.

« Si les producteurs de coca viennent, si on en arrive à l’affrontement, ils vont faire face à la police, aux militaires, et nous, nous allons continuer à protéger ce point d’entrée, détaille Milena Soto, l’une des représentantes de Résistance juvénile Cochala. Nous savons qu’ils ne vont pas réussir à entrer dans la ville. Dans le cas extrême où ils y parviendraient, à la première alerte, nous allons nous organiser et sortir dans les rues à nouveau pour défendre notre peuple, nos voisins, les citoyens, et tenter de bloquer un peu leurs tentatives d’agression. On a des vidéos, des photos qui montrent qu’ils sont en train d’armer la population du Chapare. S’ils entrent dans la ville, ça va être une bataille sanglante. Parce que la police, cette fois, ne va pas répondre avec des gaz lacrymogènes. Cela peut tourner en une journée sanglante. Donc ce que nous voulons, c’est que cela n’arrive pas. »

L’armée, qui avait tourné le dos à Evo Morales, dimanche, prévoit de bloquer deux routes d’accès à la ville. Les habitants de Cochabamba, qui pour la plupart, rêvent d’un retour à la normale après trois semaines de contestation et de violences, se préparent encore une fois à rester chez eux.

► À lire aussi : Bolivie : affrontements à La Paz au premier jour de la présidence par intérim

Calme précaire

Dans le reste de la ville, la place du 14 septembre, pratiquement déserte ces derniers jours, a retrouvé mercredi son animation et ses pigeons que sont venus nourrir Daniel et sa famille. « Tous les habitants de Cochabamba sont heureux de voir que la situation se normalise peu à peu. La ville est un peu moins silencieuse, déserte et dévastée que ces derniers jours. Beaucoup de gens ont souffert de la situation. Ca fait quasiment 21 jours qu’on n’était pas sortis de chez nous », raconte-t-il.

À côté d’eux, des paquets de graines pour les pigeons à ses pieds, Arminda Coliorana se réjouit de retrouver enfin ses clients. « Il n’y avait plus personne de peur des affrontements. Maintenant que ça s’est calmé, il y a un peu plus de vente sur la place », souligne-t-elle.

Un peu plus haut sur l’avenue du Prado, Carlos Miranda a timidement ouvert le rideau de son épicerie. « La situation à Cochabamba est toujours un peu instable, explique-t-il. Les partisans d’Evo Morales sont très amers, blessés. Ils ne laissent pas les choses se pacifier, comme nous l’espérons tous, pour recommencer à travailler, avoir une activité commerciale normale. » Carlos Miranda sait déjà qu’il ne travaillera pas ce jeudi de peur de nouveaux affrontements.

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