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Trump / États-Unis

Destitution de Trump: le rapport d'enquête divise démocrates et républicains

Donald Trump et sa femme Melania lors de leur arrivée à Buckingham Palace le 3 décembre 2019.
Donald Trump et sa femme Melania lors de leur arrivée à Buckingham Palace le 3 décembre 2019. Richard Pohle/Pool via REUTERS

À Londres, où il se trouve pour le sommet de l’Otan, le président américain a une nouvelle fois violemment dénoncé la procédure de destitution entamée contre lui. Donald Trump a qualifié Adam Schiff, qui préside la commission du renseignement qui a publié ce mardi son rapport, de « maniaque et de dérangé » et « d’homme très malade ».

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Avec notre correspondante à Washington, Anne Corpet

Ces noms d’oiseaux n’empêcheront pas le chef de la commission du renseignement de la chambre de faire adopter ce mardi 3 décembre au soir son rapport, rédigé à l’issue de deux mois d’enquête. Il sera rendu public et transmis à la commission judiciaire, chargée de rédiger l’acte d’accusation de Donald Trump.

Il est lourd de 300 pages et porte un constat sans appel des démocrates : « les preuves contre le président sont écrasantes. » Le rapport détaille la manière dont Donald Trump a fait pression sur les autorités ukrainiennes pour obtenir une enquête sur son rival politique Joe Biden mais aussi ses tentatives répétées d’obstruction à la justice. « Il s’agit de notre démocratie, de notre sécurité nationale, il s’agit de savoir si les Américains ont le droit d’attendre du président qu’il agisse dans leur intérêt avec en tête leur sécurité, et non pour des raisons illicites, personnelles ou politiques. Les Américains devraient être profondément concernés par la trahison de la confiance qu’ils ont placé dans le président, par sa trahison du serment qu’il a prêté sur la Constitution de protéger notre pays et de défendre ses institutions. Et j’espère que chaque élu du Sénat et de la Chambre aura en tête que leur devoir est envers la Constitution et non envers la personne du président. »

Les républicains ont également rédigé leurs propres conclusions à l’issue de cette première phase de la procédure.

Sans surprise, ce sont deux lectures radicalement opposées des faits relatés pendant deux semaines d’auditions publiques qui s’opposent. « Aucun des témoins n'a apporté la preuve de corruption, d'extorsion ou de tout autre crime ou délit grave », écrivent les républicains ; « ce rapport ne reflète rien d'autre que les frustrations » des démocrates a déclaré la porte parole du parti à la chambre avant d’ajouter : il « se lit comme les divagations d'un blogueur de bas étage. »

« Le président a utilisé son pouvoir pour faire pression sur l'Ukraine afin qu'elle enquête sur son rival politique. Ce faisant, il a porté atteinte à notre sécurité nationale », réplique Adam Schiff, le démocrate qui préside la commission du renseignement.

Le feuilleton de la destitution va se poursuivre

Il y a peu de chances qu’un des camps qui s’opposent change d’avis, mais le feuilleton de la destitution va se poursuivre sous le regard des Américains. Après le vote de la commission du renseignement, la commission judiciaire de la chambre va prendre le relais et prévoit dès ce mercredi 4 décembre de nouvelles auditions publiques.

La fin de ce grand spectacle politique est, sauf surprise majeure, déjà annoncée. La chambre à majorité démocrate votera l’acte d’accusation d’ici la fin de l’année, et le Sénat, à majorité républicaine, se prononcera in fine contre la destitution du président.

Reste une grande inconnue, et elle est essentielle : c’est l’impact de cette procédure sur l’élection présidentielle en novembre prochain. Les accès de colère de Donald Trump contre les démocrates semblent indiquer qu'il s'en inquiète.

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