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La revue de presse des Amériques

À la Une : le président haïtien durcit le ton

Le président haïtien Jovenel Moïse visite les centrales de Varreux (Cité Soleil) le 16 décembre 2019 à Port-au-Prince, Haïti.
Le président haïtien Jovenel Moïse visite les centrales de Varreux (Cité Soleil) le 16 décembre 2019 à Port-au-Prince, Haïti. Valerie Baeriswyl / AFP

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En Haïti, le président Jovenel Moïse, contesté depuis des mois par de nombreux secteurs de la société, tente de reprendre la main. Après avoir échoué à réunir autour de lui les représentants de l'opposition qui refusent de s'assoir avec le président à la table de dialogue, le chef de l'État a lancé une nouvelle initiative baptisée « dialogue communautaire », écrit le quotidienLe National. Dimanche dernier, « les représentants de 57 quartiers de la région métropolitaine » étaient présents au Palais national. « Le président a assuré qu'il s'agissait d'une stratégie visant à trouver des solutions à des problèmes urgents auxquels font face ces quartiers ».

Seulement voilà, estime Le Nouvelliste, « Jovenel Moïse a omis de souligner que le régime PHTK [Parti haïtien Tèt Kale] dont il est l’héritier a déjà passé huit ans au pouvoir alors que les conditions de vie de la population n’ont cessé de se dégrader ».

Et c'est dans ce cadre que le président haïtien a fait des déclarations qui font couler beaucoup d'encre aujourd'hui : « Jovenel Moïse durcit le ton en pleine trêve hivernale » titre le site Haiti Press Network. « Fini le gentil Jovenel Moïse qui se cache », constate aussi Le Nouvelliste. « Le chef de l'État profite de l’accalmie dans les mouvements de protestation en ce mois de décembre pour montrer ses muscles à ses adversaires et réaffirmer son autorité ».

Devant les représentants communautaires, Jovenel Moïse a accusé ses adversaires d'empêcher la mise en œuvre de ses projets et plus largement le développement d'Haïti. « Le chef de l’État annonce avoir "sept têtes à couper" », écrit Le Nouvelliste qui cite le président comme suit : « Je peux ne pas avoir du temps pour couper toutes les sept têtes, mais je couperai trois quand même. Si je ne les coupe pas, elles vont se régénérer », a lancé le président avant de poursuivre : « Si vous voulez faire quelque chose pour le pays, il y a des gens que vous devez mettre de côté. Ceux qui ne veulent pas se mettre de côté, j’ai pris la décision de les forcer à se mettre de côté », rapporte le quotidien de Port-au-Prince.

Alterpresse est également alarmée : « Dans des propos violents, Jovenel Moïse n'a eu aucun scrupule pour annoncer que certains secteurs, qu’il n’a pas osé identifier, pourraient "être victimes d’accidents", au cas où "ces secteurs" s’aviseraient de "lui barrer la route" dans "la mise en œuvre de ses projets" », peut-on lire sur le site internet de l'agence haïtienne.

Haiti Press Network estime que les paroles du président « frôlent la menace dans une démocratie ». Le site haïtien d'information en ligne voit derrière cette nouvelle attitude présidentielle la main de l'allié américain : « Les diplomates américains qui ont visité le pays ces dernières semaines l'avaient clairement fait comprendre au président haïtien : le pays doit être dirigé ! »

Le journal Le Nouvelliste ne cache pas son inquiétude : « Nous vivons des temps où ceux chargés de mener à bon port la barque nationale sortent du droit chemin », constate amèrement notre collègue Frantz Duval. « Chacun ses coups dans un jeu où tous les coups sont permis. L’opposition vit de menaces. La présidence royale menace des têtes ». Et l'éditorialiste de conclure : « La guerre des pires est la seule option de ceux qui nous gouvernent comme de ceux qui aspirent à nous diriger, et ce jusqu’à la victoire finale ».

Chili : un référendum en avril 2020 pour ou contre une nouvelle Constitution

Le Chili a vécu un moment historique hier : le président Sebastian Piñera a promulgué la loi pour organiser un référendum le 26 avril prochain sur un changement de la Constitution. Historique puisque l'actuelle Constitution chilienne date de la dictature d'Augusto Pinochet. Son changement est l’une des principales exigences des manifestants depuis la mi-octobre.

En avril, les Chiliens vont donc pouvoir se prononcer pour ou contre ce changement de Constitution mais aussi, le cas échéant, sur l'organe qui serait en charge de la rédiger. Les électeurs auront le choix entre deux options : soit un « Congrès mixte », composé à parts égales de citoyens élus à cette fin et de parlementaires en exercices, soit une Assemblée constituante intégralement composée de citoyens élus.

Devant 300 invités au Palais présidentiel, le chef de l'État a profité de la promulgation de la loi pour dessiner certains axes qui, selon lui, devraient figurer dans une éventuelle nouvelle Constitution. Parmi eux, souligne La Tercera, « la séparation des pouvoirs, la reconnaissance des peuples autochtones ou encore le principe de la famille en tant que noyau fondamental de la société ainsi que le droit à la vie ».

Des déclarations qui ont immédiatement suscité de vives critiques de la part des élus de l'opposition, constateEl Mostrador : « Le président ne comprend pas que ce ne sera pas lui qui rédigera la nouvelle Constitution mais un organe spécifique dont la forme sera décidée par les électeurs », ou encore : « Ce moment historique n'appartient pas à Sebastian Piñera mais à tous celles et ceux qui manifestent depuis plus de deux mois pour demander de profondes réformes et un meilleur pays ».

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