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Cuba

Cuba: sur les routes, la tendance est à l'électrique

Les motos électriques, «motorinas», supplantent les «almendrones», les vieilles voitures américaines, dans les rues de La Havane. Octobre 2019.
Les motos électriques, «motorinas», supplantent les «almendrones», les vieilles voitures américaines, dans les rues de La Havane. Octobre 2019. YAMIL LAGE / AFP

Alors que le pays traverse actuellement une période de pénurie de combustibles en raison de la recrudescence des sanctions américaines, les files d'attente à la pompe à essence s'allongent. Mais depuis quelques années, de nombreux Cubains se déplacent en motos électriques. Une tendance qui change le paysage automobile de Cuba, où les vieilles voitures américaines roulent désormais aux côtés de deux roues modernes et électriques.

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de notre correspondante à La Havane,

Petit à petit dans les rues de la Havane, le bruit caractéristique de moteurs mille fois réparés des vieilles motos est remplacé par un autre plus discret… Celui du moteur électrique d’un scooter ou d’une moto. Apparues en 2013 sur l’île, les motos électriques ont rapidement été adoptées par les Cubains.

Ces derniers mois, avec la pénurie de combustible provoquée par les sanctions américaines [contre les bateaux transportant le pétrole vénézuelien jusqu’à Cuba], les heureux propriétaires de ces petits véhicules électriques passent en souriant devant les longues files d’attente à la pompe à essence.

Le jeune Ricardo Rodriguez enfourche une moto noire flambant neuve qui a tout l’aspect d’une vrai moto. Même un faux bouchon de réservoir à essence. Le tout en plastique. « La moto me facilite vraiment la vie pour ce qui est du transport, nous explique t-il. Nous ne sommes pas responsables de cette situation mais c’est vrai que c’est très difficile de se déplacer ici, donc cette moto c’est vraiment d’une grande aide, de savoir que tu peux aller où tu veux ! Le prix comparé à une moto à essence est bien plus faible, c’est simple. Et c’est vraiment un soulagement de savoir que je n'ai pas à prendre le bus ! »

Deux motos exportées par an

Un coût sans commune mesure avec ce que les Cubains avaient l’habitude de payer, non seulement pour l’essence mais plus généralement pour un véhicule. Depuis la révolution de 1959, les motos et scooters électriques sont les premiers véhicules à être autorisés à l’importation à Cuba. Nombreux sont les Cubains, qu’on appelle ici las mulas, les mules qui vont faire leurs courses au Panama, au Mexique ou à Miami, d’où ils envoient, libre d’impôt, deux scooters par an. Luis Angel, sur son scooter qui ne dépasse pas les 50 km/h, s’arrête quelques minutes pour discuter. « Cette moto c’est ma mère qui me l’a envoyée en cadeau de l’étranger, nous raconte-t-il. Pour acheter une moto électrique, ici, il faut compter entre 1800 et 2000 dollars environ. »

Depuis quelques semaines, l’Etat commercialise également ces deux roues électriques, uniquement en devises. Une stratégie économique de la part du gouvernement pour absorber les devises qui sortaient de l’île et renflouer ses caisses.

Pour les jeunes Cubaines, ce nouveau mode de transport permet d’être plus indépendantes. « Pour une femme, c’est pas évident de porter des poids mais je peux charger des choses sur la moto quand j’ai besoin d’aller faire des courses ou quoi que ce soit, nous expliqueYusleidys Cardoso, la trentaine avec sa fille de 6 ans à l’arrière du scooter. Je ne dépends plus d’un homme qui a une voiture. Je dépends de moi-même, et moi qui suis mère célibataire, je vais où je veux avec ma fille, je l’amène à ses cours d’anglais, je vais faire des courses, je vais jusqu’où la batterie peut m’amener ! »

Des clubs de motos électriques

On estime actuellement que plus de 200.000 motos électriques roulent à Cuba.
Avec cette arrivée massive sur les routes cubaines, la police exige désormais le port du casque, d’avoir le permis de conduire et bientôt d’immatriculer son véhicule. Si les motos et scooters électriques résolvent avant tout un problème de transport, l’argument écologique n’est pas pour autant négligé. Osdanys Fleites, chauffeur de taxi a créé le club Moto électrique Cuba qui compte déjà plus de 80 membres. « Avant, la majorité d’entre avions des motos à essence, des motos russes, américaines, tchèques, mais avec le changement de génération, les énergies renouvelables, les nouvelles motos et les nouvelles technologies, nous avons voulu changer nos motos. C'est bon pour la couche d’ozone et l’environnement. »

Et les week-ends, les membres des clubs de motos électriques de La Havane se réunissent pour parader et organiser des actions citoyennes en faveur de l’environnement, aussi loin que la batterie des scooters peut les emmener ! Des batteries rechargées grâce à une électricité à moindre coût, 100% produite à Cuba par les centrales.

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