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Cuba / Etats-Unis

Cuba: le drapeau américain flotte devant l'ambassade des Etats-Unis

Depuis le 14 août 2015, le drapeau américain flotte de nouveau devant l'ambassade américaine à Cuba.
Depuis le 14 août 2015, le drapeau américain flotte de nouveau devant l'ambassade américaine à Cuba. REUTERS/Pablo Martinez Monsivais

Un moment historique à La Havane : pour la première fois depuis 1961, le drapeau américain a été hissé devant l’ambassade des Etats-Unis à Cuba, en présence de John Kerry. Le secrétaire d’Etat est la plus haute personnalité américaine à fouler le sol cubain depuis 1945. Une cérémonie très émouvante selon les témoins, sous un soleil de plomb. Cette reprise des relations diplomatiques avec l'ennemi d'un demi-siècle s'accompagne de quelques soucis de protocole et de grincements de dents parmi les dissidents.

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Avec notre correspondante à Washington,  Anne-Marie Capomaccio

Les hymnes américain et cubain ont retenti à La Havane, dans la cour de l’ambassade des Etats-Unis, devant l’océan. La bannière étoilée a été hissée, en présence du secrétaire d’Etat américain John Kerry. Cet événement, historique et émouvant, a été retransmis par tous les réseaux de télévision aux Etats-Unis.

John Kerry s’est exprimé en anglais et en espagnol. Une courte intervention pour reconnaître l’inefficacité de la politique américaine envers Cuba - 54 ans d’embargo - et pour revenir sur les changements souhaités par les Etats-Unis à Cuba : la démocratie et les droits de l’homme. « Des changements, a expliqué John Kerry, qui doivent venir des citoyens cubains eux-mêmes ».

Le secrétaire d’Etat a également parlé du courage des dirigeants Barack Obama et Raul Castro, qui ont pris la décision de ce rapprochement, malgré les oppositions de part et d’autre. Le chef de la diplomatie américaine a insisté sur ce « jour historique » pour les deux pays, et a dit « ne pas imaginer » que le prochain président américain revienne sur ce rapprochement.

Deux réceptions organisées

La courte cérémonie a eu lieu en présence de nombreux invités, américains et cubains. Côté américain : des parlementaires, des diplomates, des hommes d’affaires et des citoyens des Etats-Unis d’origine cubaine qui soutiennent ce rapprochement. Les trois marines qui avaient descendu le drapeau américains en 1961, lors de la rupture des relations diplomatiques entre les deux pays, étaient également présents à La Havane, visiblement très émus.

Du côté cubain, seuls les officiels étaient invités, pour des raisons diplomatiques. Une seconde réception a eu lieu plus tard dans la journée, à la résidence de l’ambassadeur, avec la société civile, des dissidents, des artistes et des journalistes cubains. « La politique américaine n'a pas changé, les droits de l'homme sont toujours la priorité », explique-t-on à Washington pour répondre aux critiques. « La liste des invités n'a d'ailleurs pas été communiquée à La Havane. »

Ces quelques heures de visite de John Kerry sur le sol cubain sont un événement. D'énormes progrès ont été réalisés. Mais il reste de nombreux obstacles sur la route de la normalisation entre La Havane et Washington, après tant d'années d'embargo américain, dont le Congrès doit encore voter la levée. John Kerry et son homologue Bruno Rodriguez, lors de leur conférence de presse conjointe à Cuba, l’ont tout deux reconnu. La conception des droits de l’homme et de la démocratie n’est pas la même. Lorsque John Kerry parle de liberté d’expression à Cuba, son homologue Bruno Rodriguez évoque en réponse la discrimination raciale en Amérique.

Outre la levée de l'embargo, de nombreux dossiers restent sur la table : statut des migrants cubains aux Etats-Unis, indemnisations exigées de part et d'autre (les Cubains pour les torts causés par l’embargo, les Américains pour les spoliations lors du départ précipité après la rupture). Le sujet tabou reste Guantanamo. Cuba demande la restitution de la base américaine, Les Etats-Unis estiment que le dossier n’est pas discutable.

Une opinion publique américaine favorable à la normalisation

Les relations diplomatiques cubano-américaines ont été formellement rétablies le 20 juillet dernier. Mais depuis décembre et l'annonce conjointe d'un rapprochement par les présidents Obama et Castro, suivie d'un tête-à-tête entre les deux dirigeants à Panama en avril, puis d'un retrait de Cuba de la liste américaine des pays soutenant le terrorisme, il est de plus en plus facile pour un Américain de se rendre à La Havane. Depuis décembre, les transferts de fonds autorisés ont par ailleurs doublé. Certes, le tourisme n'est pas encore autorisé mais il a été assoupli : les Américains peuvent se rendre à Cuba uniquement via des visites organisées, en passant par des agences habilitées par le gouvernement américain même s’il y a eu certains assouplissements (visites familiales, journalistes, chercheurs, les activités d'éducation, religieuses, sportives, humanitaires, etc). Les voyages des Etats-Unis vers Cuba sont en hausse de 35 % depuis janvier.

Sur le front de la politique intérieure américaine, les candidats républicains à la présidentielle critiquent la reprise des relations diplomatiques avec Cuba. Mais eu nombreux sont ceux qui, comme le sénateur de Floride Marco Rubio, d'origine cubaine, promettent de revenir sur la décision. Il faut dire que d'après un sondage de l'institut Gallup, les deux tiers des Américains approuvent la décision de l'administration Obama. Un point devrait notamment parler au camp républicain : la Chambre de commerce américaine s'est prononcée en faveur de la levée de l'embargo à l'égard de Cuba.

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