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Irak / États-Unis / Irak

L'Iran attaque deux bases irakiennes abritant des soldats américains

Des membres des forces de sécurité irakiennes sur la base d'Aïn al-Assad, en Irak, en décembre 2019. (Image d'illustration)
Des membres des forces de sécurité irakiennes sur la base d'Aïn al-Assad, en Irak, en décembre 2019. (Image d'illustration) REUTERS/Thaier Al-Sudani

L'Iran a riposté, dans la nuit du 7 au 8 janvier, à l'assassinat du général Qassem Soleimani en tirant des missiles contre les bases irakiennes d'Aïn al-Assad et d'Erbil où sont postés des soldats américains.

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L'attaque s'est produite vers 1h30 du matin, heure locale

Étaient viséesdeux installations irakiennes hébergeant des militaires américains, selon le Pentagone

► L'opération a été baptisée «Martyr Soleimani» par Téhéran

« Tout va bien », a temporisé Donald Trump sur Twitter dans la nuit. Il a annoncé une « déclaration » mercredi matin

► Selon la télévision publique iranienne ce mercredi 8 janvier au matin, les attaques ont fait 80 morts, 80 « terroristes américains ». L'armée irakienne déclare, elle, que les tirs n'ont fait aucune victime au sein des forces irakiennes 

« Une douzaine de missiles » ont été tirés cette nuit contre les bases irakiennes d'Aïn al-Assad, à quelque 180 kilomètres à l'ouest de la capitale, et d'Erbil qui abritent des soldats américains. « Il est clair que ces missiles ont été tirés depuis l'Iran », a écrit le Pentagone dans un communiqué. « Ces bases avaient été placées en alerte en raison d'informations sur le fait que le régime iranien prévoyait d'attaquer nos forces et nos intérêts dans la région », a ajouté le ministère américain de la Défense.

Selon l'agence de presse iranienne Fars, l'attaque a été menée avec des missiles Fateh, qui ont une portée de 500 kilomètres. La base d'Aïn al-Assad est située à environ 450 kilomètres de la frontière iranienne. Dans un communiqué, les Gardiens de la Révolution iraniens ont menacé de « réponses encore plus dévastatrices » en cas de riposte américaine.

L'armée idéologique iranienne précise que cette réponse iranienne a eu lieu symboliquement à l'heure précise à laquelle le général Qassem Soleimani a été tué par une frappe américaine vendredi dernier à Bagdad. Les Gardiens menacent de frapper Israël et « des gouvernements alliés » de l'Amérique. « Nous conseillons au peuple américain de rappeler les troupes américaines (déployées) dans la région afin d'éviter de nouvelles pertes et de ne pas permettre que la vie de ses soldats soit davantage menacée par la haine toujours croissante du régime » américain, a-t-elle ajouté.

« Nous ne recherchons pas l'escalade », dit Téhéran

« L'Iran a pris des mesures proportionnées de légitime défense conformes à l'article 51 de la Charte des Nations unies en attaquant une base à partir de laquelle une lâche attaque armée contre nos citoyens et officiers de haut rang a été lancée, a écrit sur son compte Twitter le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif. Nous ne recherchons pas l'escalade ou la guerre, mais nous nous défendrons contre toute agression. »

Selon des informations de journalistes américains citant des sources militaires, un missile aurait touché l'aéroport d'Erbil et dix autres la base d'Aïn al-Assad, tandis que quatre frappes auraient échoué.

Aïn al-Assad est l'une des plus grandes bases irakiennes occupées par les Américains, précise notre correspondante à Bagdad, Lucile Wasserman. C'est là que le président Donald Trump s'était rendu lors de sa visite aux troupes américaines basées en Irak en décembre 2018.

Une déclaration officielle de Donald Trump attendue dans la journée

« Tout va bien  ! Des missiles ont été tirés depuis l'Iran sur deux bases militaires situées en Irak. Une évaluation des pertes et des dégâts est en cours. Jusqu'ici tout va bien ! », a réagi sur son compte Twitter le président américain Donald Trump, qui annonce qu'il fera une déclaration ce mercredi. 

Ces attaques surviennent au soir de l'enterrement du général Qassem Soleimani, tué vendredi 3 janvier par une frappe de drone américaine à Bagdad. Le guide suprême iranien, Ali Khamenei, avait immédiatement annoncé une « vengeance implacable » contre les « criminels » ayant tué l'architecte de la puissance iranienne au Moyen-Orient. Depuis, les menaces se multipliaient de part et d'autre. Ce mardi matin encore, le chef des Gardiens de la Révolution, le général Hossein Salami, avait affirmé que l'Iran allait se venger de manière ferme et déterminée, note notre correspondant à Téhéran, Siavosh Ghazi.

Plusieurs États membres de la coalition internationale antijihadiste avaient déjà retiré des soldats, par crainte de nouvelles attaques. Washington, au contraire, a réaffirmé son intention de rester. « Notre politique est inchangée », a encore répété le chef du Pentagone, Mark Esper, ce mardi. Pour Donald Trump, un retrait américain serait actuellement « la pire chose » pour l'Irak.

Sur les réseaux sociaux, de nombreux Irakiens n'ont pas tardé à réagir à ces attaques, indique notre correspondante à Bagdad, Lucile Wasserman. Pour eux, il s'agit d'une violation de la souveraineté de l'Irak, au même titre que l'attaque américaine ayant tué le général Soleimani. Certains députés de partis minoritaires ont également d'ores et déjà crié leur colère contre l'Iran, affirmant que de nombreux Irakiens se trouvaient sur ces bases militaires et que l'Iran ne ciblait pas seulement les États-Unis en les attaquant, mais l'Irak également.

Ces attaques ont également affecté les cours de la Bourse. Les places asiatiques ont ainsi ouvert en forte baisse, tandis que les cours du pétrole ont bondi de 4,5% mercredi matin dans les échanges en Asie, en raison des craintes pour la production et les stocks.

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