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Pakistan / Inde

Entre l'Inde et le Pakistan, trois jours de discussions pour la paix

Indiens et Pakistanais se sont retrouvés autour de la table des négociations. Les relations entre les deux pays sont très tendues depuis depuis les attaques de Bombay en novembre 2008 .
Indiens et Pakistanais se sont retrouvés autour de la table des négociations. Les relations entre les deux pays sont très tendues depuis depuis les attaques de Bombay en novembre 2008 . Reuters/B.K.Bangash

C'est une série de rencontres-clés qui démarre ce jeudi 15 juillet 2010 à Islamabad entre les ministres des Affaires étrangères indien et pakistanais SM Krishna et Shah Mehmood Qureshi. Ces derniers vont tenter de relancer le processus de paix entre les deux puissances nucléaires, gelé suite aux attaques meurtrières perpétrées à Bombay en novembre 2008 par un commando terroriste pakistanais.

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Cette rencontre est la première entre les chefs de la diplomatie indien et pakistanais depuis les attentats de Bombay. Il a fallu six mois de travail et deux réunions préparatoires pour redémarrer le processus. Ce fragile réchauffement a été initié en avril dernier par les Premiers ministres des deux pays lors d'une rencontre en marge d'une conférence régionale au Bhoutan.

Une main tendue et un message de paix

A son arrivée à Islamabad le chef de la diplomatie indien SM Krishna a souligné qu'il arrivait au Pakistan avec un message de paix et d'amitié pour restaurer la confiance.
« Nous espérons entreprendre un voyage de paix, aussi long et difficile soit-il », a-t-il annoncé avant sa rencontre avec son homologue pakistanais Shah Mahmood Qureshi. Les sujets de discorde sont nombreux entre les deux pays qui ont eu trois conflits majeurs depuis leur indépendance en 1947. Comme la tension à propos de la région frontalière du Cachemire ou le problème du terrorisme, à la lumière des toutes dernières déclarations du ministère indien de l'Intérieur sur les attentats de Bombay.

Le terrorisme, au centre des discussions

Le ministre indien des Affaires étrangères SM Krishna estime que pour restaurer la confiance et construire des relations d'amitié il est indispensable d'aborder les problèmes liés au Cachemire et au terrorisme.
New Delhi considère le Pakistan comme une base arrière du terrorisme islamique. Et l'Inde a bien l'intention de demander à son voisin de tout faire pour « éradiquer ce mal », considérant que Islamabad à l'heure actuelle, n'a pas fourni suffisamment d'efforts pour poursuivre les commanditaires des attentats de Bombay.
La dynamique de paix risque pourtant d'être compliquée par les récentes déclarations du numéro deux du ministère de l'Intérieur GK Pillai. Ce dernier a déclaré à la veille de la rencontre ministérielle que l'interrogatoire du ressortissant américain David Headley (inculpé aux Etats-Unis pour complicité dans les attentats de Bombay), a permis d'établir des liens direct entre l'ISI, les services secrets pakistanais, et les attaques meurtrières dans la capitale économique de l'Inde.

Une accusation qui fait l'effet d'une bombe

Selon Pillai, les services secrets pakistanais ont « littéralement contrôlé et coordonné l'attaque de Bombay, du début à la fin ». Le haut fonctionnaire en charge de la sécurité nationale a également souligné le rôle primordial de Hafiz Saeed, le chef du mouvement islamiste radical Lashkar-e-taïba, considérés comme le cerveau des attentats de Bombay.
L'issue des discussions de ces trois prochains jours à Islamabad dépendra donc vraisemblablement des actions que mèneront les dirigeants pakistanais à l'encontre de Lashkar-e-taïba et de son chef.

Le Cachemire: 63 ans de tensions

La violence au Cachemire sera également au menu des discussions indo-pakistanaises. Cette région himalayenne est depuis 20 ans le théâtre d'un insurrection anti-indienne qui a fait plus de 47 000 morts. Même si la violence a diminué depuis l'amorce d'un processus de paix entre l'Inde et le Pakistan en 2004, les tensions sont toujours présentes.
Des milliers de manifestants se rassemblent régulièrement à Srinagar pour protester contre la présence indienne. Les forces de sécurité ont été accusées de la mort de 15 civils au cours de ce dernier mois. New Delhi a de son côté accusé le Lashkar-e-taïba, interdit au Pakistan depuis 2002, d'être l'instigateur de ce regain de violence.

Pendant cette visite de trois jours, les deux ministres tenteront donc de réduire l'immense fossé qui sépare New Delhi et Islamabad et d'aborder toutes les questions d'intérêt commun, y compris les sujets qui fâchent.
Le chef de la diplomatie indien doit également s'entretenir avec le président pakistanais Asif Ali Zardari et le premier ministre Yousouf Raza Gilani. Les deux pays rivaux ont intensifié leurs contacts ces derniers mois sous la pression des Etats-Unis.
 

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