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Chine

Chen Guangcheng dénonce les « méthodes de voyous » de la police chinoise

Cheng Guangcheng.
Cheng Guangcheng. Amnesty International

Chen Guangcheng, un juriste aveugle et célèbre militant des droits de l’homme, passé à tabac par la police chinoise, a été libéré le 10 septembre dernier. Il est depuis lors assigné à résidence. Connu notamment pour avoir dénoncé la stérilisation forcée de plus de 7 000 femmes, l’homme, parmi les personnes les plus surveillées en Chine, est parvenu à faire sortir au nez et à la barbe de ses gardiens une vidéo, qui a d'ores et déjà fait le tour du web, évoquant les conditions de sa détention. Une humiliation pour la police qui selon l’organisation Chinese Human Rights Defenders, aurait frappé l’activiste ainsi que sa femme, en lui interdisant tout accès aux soins.

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Avec notre correspondant à Pékin, Stéphane Lagarde

La punition est probablement liée à l’humiliation ressentie par les agents de la sécurité publique du Shandong. L’organisation ChinaAid affirme que Chen Guangcheng et son épouse Yuan Weijing ont été frappés à plusieurs reprises par la police dans la nuit de mardi dernier. Le couple n’a pas eu l’autorisation de se rendre à l’hôpital.

Une réponse à la vidéo diffusée mercredi où le militant et sa femme racontent la surveillance dont ils font l’objet, nuit et jours, prisonniers de leur propre ferme du village de Shuanghou à l’est du pays. Un village truffé de caméras de surveillance et d’agents en civils.

« J’ai essayé d’empiler des épis de maïs pour cacher la vue, chuchotte sa femme sur la bande vidéo. Mais ils ont mis un escabeau chez le voisin pour continuer à nous observer ». « Ils nous font subir ça tous les jours », poursuit-elle, avant que Chen Guangcheng dénonce à son tour les « méthodes de voyous » exercées à son encontre par la soixantaine de vigiles qui se relaient devant chez lui.

La dernière fois que le militant aveugle a pu s’exprimer en dehors de cette vidéo, c’était il y a un peu plus de cinq mois, le jour de sa libération.

« Ils ont changé le code de mon téléphone, confiait-il alors à RFI, les appels que je reçois sont tous contrôlés ». Depuis, l’avocat Teng Biao avec qui nous avions pu joindre le couple, n’a plus eu de nouvelle de la ferme de Shuanghou, totalement coupée du reste de la Chine et du monde.

« Ces méthodes constituent une violation de la loi », dit l’avocat. C’est aussi de cette double peine dont parle cette vidéo car une fois leur peine purgée, les opposants se retrouvent dans une autre prison, « domestique » cette fois. Le bureau de la sécurité publique de Linyi dans le Shandong n’a pas souhaité répondre aux questions de RFI.

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