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Japon

Japon : la situation reste chaotique dans les zones sinistrées

Ici à Otsuchi, des écoliers reviennent de l'école et rentrent dans leur camp d'hébergement « provisoire ».
Ici à Otsuchi, des écoliers reviennent de l'école et rentrent dans leur camp d'hébergement « provisoire ». AFP PHOTO / TOSHIFUMI KITAMUR

Il y a aujourd'hui deux mois, le nord-est du Japon était frappé par un séisme et un tsunami meurtriers. Le bilan provisoire des victimes s'établit à 30 000 morts. Les survivants vivent toujours dans des centres d'accueil précaires et la zone d'évacuation dans un rayon de 20 kilomètres autour de la centrale de Fukushima a été transformée en zone d'interdiction. Pour le moment, le gouvernement ne propose pas de plan de reconstruction pour le nord-est du Japon.

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Avec notre correspondant à Tokyo, Frédéric Charles

Dans les zones dévastées par le tsunami sur plus de 1 000 kilomètres de côtes, les survivants se sentent abandonnés du gouvernement japonais. Mais aussi de la bureaucratie qui ne parvient toujours pas à construire des habitations temporaires en nombre suffisant. Ni à distribuer l’argent promis pour assurer le minium vital à plus de 600 000 personnes qui ont tout perdu, à commencer par des parents, mais aussi leur maison ou leur emploi. Les survivants doivent compter avant tout sur eux-mêmes.

Les personnes âgées représentent 30 % des sinistrés. Elles faiblissent physiquement chaque jour un peu plus, faute de pouvoir manger suffisamment de légumes et de viande dans les centres d’accueil. Il faut aussi essayer de réapprendre à vivre, à ne pas perdre le goût de la vie lorsqu’on a perdu trois, quatre, cinq membres de sa famille, que l’on n’a plus pour seule possession que les habits que l’on porte sur soi.

Quand Naoto Kan défie le lobby nucléaire

Quelque vingt-cinq millions de tonnes de débris ont été accumulées dans les zones sinistrées. Il faudra trois ans pour tout déblayer, dix ans pour reconstruire.

Le Japon a décidé de revoir son programme nucléaire et a même ordonné l’arrêt des réacteurs dans une autre centrale, celle d’Hamoka au sud de Tokyo. Mais cela ne veut pas dire que le Japon envisage de renoncer à l’énergie nucléaire. Le Premier ministre Naoto Kan dit seulement que le Japon renoncera à augmenter la part du nucléaire de 30 % aujourd’hui, à 50 % d’ici à 2030, dans la production totale d’énergie japonaise.

« Le Japon, dit-il, va s’appuyer davantage sur les énergies renouvelables, comme le solaire, l’éolien, les biocarburants ». Naoto Kan ose défier le tout puissant lobby nucléaire mais il prend ses décisions sans consulter personne, ni évaluer l’impact de l’arrêt des réacteurs sur l’économie ou l’emploi. Car de nombreuses entreprises vont délocaliser encore plus leur production à l’étranger, si elles redoutent de manquer d’électricité.

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