Accéder au contenu principal
Cambodge

Cérémonie d’hommage aux manifestants tués à Phnom Penh: Sam Rainsy affiche sa sérénité

Sam Rainsy, principal leader de l'opposition cambodgienne, lors d'une cérémonie bouddhiste organisée le 5 janvier 2013 pour les ouvriers du textile tués dans les manifestations.
Sam Rainsy, principal leader de l'opposition cambodgienne, lors d'une cérémonie bouddhiste organisée le 5 janvier 2013 pour les ouvriers du textile tués dans les manifestations. REUTERS/Samrang Pring

Si les manifestations sont désormais interdites au Cambodge, il en faudra plus pour décourager les dirigeants de l'opposition, réprimée par le pouvoir. Samedi 4 janvier, hier, un rassemblement a été violemment dispersé dans un parc de Phnom Penh et ce dimanche, une cérémonie est prévue pour rendre hommage à des ouvriers du textile abattus par les forces de l'ordre. Les deux chefs de l'opposition, qui sont convoqués par un tribunal le 14 janvier prochain, ont fait une apparition publique ce dimanche 5 janvier.

Publicité

Avec notre correspondante à Phnom Penh, Stéphanie Gée

Sam Rainsy et Kem Sokha, les deux leaders de l'opposition, sont apparus plutôt sereins. Devant quelques centaines de partisans en colère après les deux derniers jours de répression orchestrée par les autorités, ils ont appelé au calme.

En marge d'une cérémonie de recueillement organisée au siège de son parti, le président du CNRP, Sam Rainsy, confiait ne pas être intimidé, ne croyant pas à son arrestation prochaine. La situation a changé, explique-t-il. Les gens osent exprimer leur mécontentement. Le pouvoir du peuple qu'il dit incarner et le besoin de relancer des négociations pour sortir d'une crise politique qui dure depuis cinq mois rendent, selon lui, ce scénario improbable. La rue lui est maintenant interdite, qu'importe, sa formation zigzaguera

Pour Sam Rainsy, le gouvernement a montré son vrai visage

Sam Rainsy explique la réaction brutale des autorités : celles-ci auraient envoyé des agents provocateurs pour créer des incidents lors de manifestations ouvrières, non organisées par l'opposition, et pouvoir décrire une situation devenue incontrôlable nécessitant une intervention musclée tout azimut. Or, rappelle-t-il, en prônant la non-violence, son parti a réussi à mener d'innombrables manifestations de masse, sans le moindre débordement, une véritable victoire. Et si son parti soutient les réclamations des ouvriers, il n'est pas à l'origine de leurs manifestations dans les zones industrielles, se contentant, de leur fournir « des arguments intellectuels et techniques ».

Sam Rainsy justifie aussi le calendrier en citant la peur des autorités de la marche qui était prévue ce dimanche, soit peu avant le 7 janvier, un jour férié célébré par le parti au pouvoir, qui marque son installation aux commandes du pays avec la libération du Cambodge du joug khmer rouge par l'armée vietnamienne. Un jour vu par l'opposition comme le début de dix ans d'occupation du pays par Hanoï. Pour Sam Rainsy, en recourant à la violence, le gouvernement de Hun Sen a montré son vrai visage, anti-démocratique.

Convocation au tribunal

Les deux leaders de l'opposition sont convoqués par un tribunal le 14 janvier prochain. Sam Rainsy et Kem Sokha seront interrogés sur leur possible responsabilité dans des actes de violence et le désordre social. La municipalité de Phnom Penh justifie le démantèlement du campement des supporters de l'opposition, depuis désert et placé sous surveillance policière, et l'interdiction jusqu'à nouvel ordre de toutes protestations.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.