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Thaïlande

Prayuth Chan-ocha: un «Tigre» au pouvoir en Thaïlande

Le général Prayuth Chan-ocha, le 18 janvier 2014.
Le général Prayuth Chan-ocha, le 18 janvier 2014. AFP PHOTO / PORNCHAI KITTIWONGSAKUL

Le général Prayuth Chan-ocha, devenu le nouvel homme fort du pays après le coup d’Etat du 22 mai, est un général au tempérament bouillant, qui a participé à la répression sanglante des manifestations des chemises rouges de 2010. Il est longtemps resté sur la réserve durant les sept mois de la crise politique, mais a finalement perdu patience.

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Avec notre correspondant à Bangkok, Arnaud Dubus

Prayuth Chan-ocha est un général pète-sec, prompt à s’enflammer face aux critiques et peu diplomate. Il est issu d’un régiment de militaires attaché à la garde de la Reine, connu sous le nom des « Tigres de l’Est ». En 2010, durant les manifestations des Chemises rouges contre le gouvernement d’AbhisitVejjajiva, Prayuth, alors numéro deux de l’armée, avait dirigé la répression, laquelle avait abouti à plus de 70 morts du côté des manifestants.

Nommé à la tête de l’armée fin 2010, il avait donné l’impression de respecter le jeu démocratique en nouant de bonnes relations avec la Première ministre Yingluck Shinawatra, élue l’année suivante.

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Et durant les sept mois de crise politique, il est resté prudent, même s’il a parfois affiché ses préférences pour les manifestants opposés à Yingluck. L’intransigeance des différentes parties au conflit lors des discussions de cette semaine semble avoir poussé sa patience à bout. Il a réagi avec son tempérament vif et d’une raideur toute militaire. Comme en témoigne la rigueur des mesures imposées au public depuis l’annonce du coup d’Etat.

L'instauration de la loi martiale mardi dernier présageait d'une limitation des libertés fondamentales. Dans une déclaration télévisée ce jeudi, l'armée a décrété un couvre-feu de 22h à 5h du matin. Une mesure qui ne concerne pas les personnes se rendant à l'aéroport ou à l'hôpital. Plusieurs ambassades dont la France conseillent à leurs ressortissants de respecter ce couvre-feu et d'éviter les lieux de rassemblement. Les rassemblements de plus de cinq personnes ont été interdits par les militaires.

La plupart des manifestants, qu'ils soient des chemises rouges ou des opposants à l'ancien gouvernement ont déserté les lieux où ils s'étaient regroupés, quand ils n'ont pas été délogés par les soldats. L'armée a aussi décrété la fermeture des écoles et des universités jusqu'à dimanche. Quant aux médias, l'armée thaïlandaise a ordonné à toutes les télévisions et les radios du pays d'interrompre leurs programmes et de diffuser les bulletins du nouveau régime militaire. A la télévision nationale, les Thaïlandais ne voient plus que des photos de militaires sur fond blanc. Pour le moment, Internet n' a pas été bloqué. Et les réseaux sociaux demeurent la principale source d'information.
RFI

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