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Chine

Sommet Asie-Pacifique: une «feuille de route» pour le libre-échange

Les leaders du 22e sommet de l'Apec, en réunion au lac Yanqi, le 11 novembre 2014.
Les leaders du 22e sommet de l'Apec, en réunion au lac Yanqi, le 11 novembre 2014. REUTERS/Pablo Martinez Monsivais/Pool

Au deuxième jour du 22e sommet du Forum de coopération économique Asie-Pacifique (Apec), ce mardi 11 novembre, les 21 chefs d'Etat et de gouvernement présents se sont retirés dans un complexe de luxe récemment construit pour les accueillir au bord du lac Yanqi, à une heure de Pékin. Dans une ambiance paisible et harmonieuse, souhaitée par les dirigeants chinois, les leaders devaient mettre de côté leurs différends pour parler de commerce. Ils sont parvenus à une feuille de route en vue d'une future zone régionale de libre-échange.

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Avec notre correspondante à Pékin, Heike Schmidt

Les dirigeants de l'Apec ont-ils réussi à oublier, le temps d'un sommet, leurs nombreux différends ? En tout cas, une nouvelle poignée de main a été constatée ce mardi entre le président chinois Xi Jinping et le Premier ministre japonais Shinzo Abe. Elle ne fut pas plus chaleureuse que celle de la veille. La Chine et le Japon « ont besoin l'un de l'autre, a tout de même déclaré le chef du gouvernement japonais. D'une certaine façon, nous sommes liés de manière inséparable. »

Ambiance plus explicitement amicale par contre, entre Xi Jinping et Vladimir Poutine, numéro un de la Fédération de Russie, important fournisseur de gaz pour la Chine. Le président russe s’est vu accorder la place à gauche du président chinois sur la photo de famille, celle de droite étant réservée au président américain Barack Obama, tout sourire, et qui est allé jusqu'à tapoter Xi Jinping sur l’épaule. Presque inévitable lors de cette réunion, plus intime que celle de la veille, une brève rencontre a eu lieu entre Barack Obama et Vladimir Poutine. Selon la Maison Blanche, les deux leaders ont abordé les sujets sensibles : l'Ukraine, l'Iran et la Syrie.

Pour que tout se passe bien, et pour faire bonne figure, les dirigeants chinois n'ont pas lésiné sur les moyens. Les réunions du jour ont lieu à une heure de Pékin, au pied de la Grande Muraille, dans des bâtiments flambant neuf (voir encadré). La sécurité est draconienne et les mesures anti-pollution appliquées rappellent l'époque des Jeux olympiques de 2008. « Ces derniers jours, confiait lundi Xi Jinping lors d'un banquet de bienvenue, la première chose que je fais après le réveil, c’est de regarder le ciel, en espérant qu’il y ait moins de pollution, pour que nos chers invités puissent se sentir à l’aise. »

Feuille de route pour une zone de libre-échange

Mettant de côté les frictions géopolitiques opposant les uns et les autres, Xi Jinping a souhaité, dans son discours d'ouverture de mardi, que l'Apec soit un moteur de croissance. « Nous devons briser les diverses entraves », a plaidé le président chinois, admettant que l’économie mondiale était encore fragile. Ensemble, les économies de l'Apec représentent 57 % du PIB et 44 % des échanges commerciaux dans le monde. Pour doper la croissance, les 21 nations de l’Apec doivent selon lui faire plus d’efforts pour rapprocher leurs marchés, grâce à une meilleure infrastructure et une simplification des règles qui régissent le commerce dans la zone.

Un premier pas a d'abord été franchi dans ce sens : la Chine et les Etats-Unis se sont entendus pour supprimer des droits de douane qui touchent encore de nombreux produits dans les technologies de l’information, comme les jeux vidéos ou des logiciels informatiques. Mais surtout, les dirigeants de l'Apec ont adopté une « feuille de route » prévoyant, à terme, la création d'une zone régionale de libre-échange. Une initiative chère à la Chine. « Nous nous sommes mis d'accord au sein de l'Apec, sur une feuille de route prévoyant d’œuvrer à la création de la Zone de libre-échange de l'Asie-Pacifique (FTAAP) », a fait savoir le numéro un chinois, qualifiant d'étape « historique » le lancement de ce processus.

L’Apec doit continuer à jouer un rôle de leader pour l’intégration économique de la région, en établissant une structure de coopération juste, tolérante et équilibrée, qui bénéficie à tous

Xi Jinping, président de la République populaire de Chine, lors de son discours de clôture du sommet de l'Apec

Le terme « feuille de route » traduit bien l'impératif de parvenir à un consensus sur la question. Pékin souhaitait que le communiqué final du sommet fasse référence à une « étude de faisabilité » de la FTAAP. Les Etats-Unis se sont montrés réticents à une telle avancée, qui aurait pu sonner comme une mise sur rails. La FTAAP, ouverte à l'ensemble des membres de l'Apec, est en concurrence avec un autre projet porté par les Etats-Unis, le Partenariat transpacifique (TPP). Washington inscrit ce projet dans le cadre de sa stratégie de « rééquilibrage » vers l'Asie. En l'état, le TPP inclut 11 membres dont le Japon, mais sans la Chine.


■ Xi Jinping met le paquet sur l'accueil

Forêts de bambous fraîchement plantés, villas, hôtels et centres de conférences flambant neuf ; le cadre du deuxième jour du 22e sommet de l'Apec est splendide. Les dirigeants des nations membres se sont réunis à une heure de Pékin, au lac Yanqi, au pied de la Grande Muraille de Chine. Aux abords de l’idyllique « lac des oies sauvages » : une boule géante futuriste en verre et en métal. On dirait un vaisseau spatial, mais il s'agit de l'hôtel 5 étoiles Richu Dongfang (traduction : « le soleil se lève à l’Est »). Le nom est un clin d’œil à la révolution, lorsque le Parti communiste était « le soleil qui brille sur le peuple ».

Les présidents américain et chilien Barack Obama et Michelle Bachelet, au lac Yanqi le 11 novembre 2014.
Les présidents américain et chilien Barack Obama et Michelle Bachelet, au lac Yanqi le 11 novembre 2014. REUTERS/Kevin Lamarque

Le complexe luxueux, propriété du ministère des Affaires étrangères, est géré par le groupe Kempinski. Il comprend un terrain de golf de 18 trous et aurait coûté un milliard de dollars, malgré la cure d’austérité que le président Xi Jinping a infligée à son pays, et malgré la campagne du PCC contre les « extravagances ». Non loin de l’hôtel Richu Dongfang, des villas somptueuses ont été construites autour du lac. Mais la plupart des dirigeants ont préféré loger dans des hôtels du centre de Pékin. Ce mardi matin, ils ont été conduits au lac Yanqi à bord de limousines noires de la marque chinoise Hongqi. Prix d’un de ses véhicules, selon l’agence de presse officielle Chine nouvelle : 6 millions de yuans, près de 800 000 euros.

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