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Corée du Nord

La Corée du Nord a-t-elle piraté un studio d’Hollywood?

Le dirigeant nord-coréen Kim Jung-un, sur une image non datée, publiée le 19 octobre dernier.
Le dirigeant nord-coréen Kim Jung-un, sur une image non datée, publiée le 19 octobre dernier. © Reuters

La Corée du Nord a-t-elle piraté un studio d’Hollywood ? C’est la question que se posent les dirigeants de Sony Pictures et les enquêteurs du FBI depuis qu’une attaque informatique extrêmement sophistiquée a frappé les serveurs de l’entreprise. Depuis le 24 novembre, des hackers diffusent en ligne des montagnes de données volées à Sony, causant des dégâts majeurs. Et le premier suspect est la Corée du Nord : le régime de Pyongyang est en effet très remonté contre un film produit par le studio, une comédie qui met en scène l’assassinat de son dirigeant suprême Kim Jong-un.

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de notre correspondant à Séoul,

Ces pirates se surnomment eux-mêmes « gardiens de la paix ». Ils mettent en ligne à intervalles réguliers des données informatiques volées à Sony : au début, des films encore inédits, puis des informations confidentielles telles que scripts de films, contrats, informations sur des négociations en cours. Ces mystérieux hackers ont aussi envoyé des menaces par email aux employés de Sony et à leur famille, dans un anglais plutôt approximatif. Ils ont enfin récemment rendu public des courriels personnels très embarrassants échangés par les dirigeants du studio. Trois jours avant l’attaque, les pirates avaient demandé une rançon à l’entreprise en échange de la non-diffusion de ces données. Sony a refusé, et depuis les pirates diffusent au compte-goutte ces informations.

La Corée du Nord, principal suspect

La Corée du Nord est soupçonnée parce que Sony a produit une comédie intitulée L’interview qui tue, l’histoire fictive de deux journalistes qui veulent assassiner le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un. Les autorités de Pyongyang sont furieuses. Elles ont tout fait pour empêcher la sortie du film. En juillet, elles promettaient même des représailles « sans pitié » s’il n’était pas interdit. Le culte de la personnalité intense au Nord fait de Kim Jong-un une quasi-divinité. Et il est très possible que des DVD de contrebande de la comédie soient vus par la population nord-coréenne.

On sait que le régime possède une unité d’élite de pirates informatiques. En avril 2013, les serveurs de banques et de chaînes de télévisions sud-coréennes avaient été victimes d’attaques attribuées à Pyongyang ; des attaques très similaires à celle qui vient de frapper Sony. Autre indice : une partie du code du virus qui a servi à infiltrer Sony était écrit en coréen. Mais cela pourrait aussi être une ruse des programmeurs pour brouiller les pistes ! Le régime de son côté nie être responsable de l’attaque ; mais en même temps, il affirme de que celle-ci est « légitime » et suggère qu’elle aurait pu être « l’œuvre vertueuse de sympathisants ».

Objectif atteint : Sony obtempère

Corée du Nord ou pas, une partie des objectifs est atteinte : Sony a annoncé que L’Interview qui tue ne sera pas montré en Asie. Des échanges de courriels révèlent aussi que le président de Sony, Kazuo Hirai, avait ordonné cet été au studio des modifications du film. Cela avait d’ailleurs provoqué la colère du co-réalisateur, Seth Rogen, furieux de devoir changer une scène pour « faire plaisir aux Nord-Coréens ». On ne saura peut-être jamais avec certitude qui est derrière ce piratage. Mais toute l’affaire vient rappeler l’avantage de telles attaques informatiques, qui peuvent faire des dégâts majeurs alors que l’agresseur peut lui s’en tirer en toute impunité.

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