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Festival de Cannes 2015 / Cinéma

Cannes: pour Jia Zhang-ke, la Chine est complètement à l’ouest

« Mountains May Depart » de Jia Zhang-Ke, en lice pour la Palme d'or du Festival de Cannes 2015.
« Mountains May Depart » de Jia Zhang-Ke, en lice pour la Palme d'or du Festival de Cannes 2015. Ad Vitam

Le maître chinois Jia Zhang-ke est à nouveau en lice pour la Palme d’or. Ce mercredi 20 mai, il explore au Festival de Cannes, encore une fois, les mutations de la société chinoise actuelle. Mountains May Depart (« Shan He Gu Ren ») dépeint l’évolution et le futur de trois Chinois durant trois décennies.

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Malgré l’optimisme affiché à l’occasion du Nouvel An qu’on est en train de fêter dans cette région entourée de jolies montagnes, la direction de la dérive est claire dès le début. Un groupe de Chinois survoltés dansent sur le rythme électro-pop Go West des Pet Shop Boys. Et l'appel de l'ouest chez Jia Zhang-ke rime avec capitalisme, individualisme et perte des valeurs, ces maux qui rongent et détruisent la société.

Quatre ans après A Touch of Sin, sa fresque grandiose sur les abîmes de la Chine contemporaine, le réalisateur chinois ancre son histoire encore une fois sur un terrain personnel et industriel, autour d’une mine de charbon où l’on suit le destin de trois amis.

Sur fond d'une histoire d'amour triangulaire où la prof de danse Tao (« la vague ») doit se décider avec qui elle va se marier, Jia Zhang-ke décrypte le mécanisme à l'œuvre dans le monde chinois actuel. La partie est jouée d’avance. Yang, le macho cynique, devenu propriétaire de la mine à Fenyang, remporte finalement les faveurs de la femme désirée. Et c’est naturellement Lianzi, le travailleur gentil, mais sale et pauvre, qui part en exil, le jour où Kate lui apporte l'invitation pour sa fête de mariage.

Une Chine qui ne se reconnait plus

Ce n'est que le début d’un long périple, mais on reste déjà sur notre faim. Un scénario visible, des images forcées et des acteurs pâles. Pendant la première moitié de la séance, la seule surprise était une panne technique du projecteur nécessitant de « rembobiner » le film quelques minutes seulement après son lancement. Hélas, le long métrage aussi avait beaucoup de mal à démarrer. A-t-il tout oublié depuis son chef-d’œuvre A Touch of Sin ?

Là où le scénario excellait en surprises, profondeur et humour noir, règne cette fois-ci le calme plat. Et de l'esprit critique qui guettait autrefois les autorités chinoises (d'où les applaudissements moqueurs lors de l'apparition au générique du logo du bureau de censure chinois pour le cinéma) ne reste plus rien, à l'exception de quelques allusions à une Chine qui s’échappe à elle-même et qui risque bientôt de ne plus se reconnaître.

Car Mountains May Depart est une invitation à un voyage traversant trois époques. En 1999, les chemins des amis se séparent, en 2014, le mariage de Yang a déjà implosé et la santé de Lianzi a été déjà ruinée par le charbon. Et pourtant, Tao était depuis longtemps consciente des dangers. Lorsque Zang se sentait invincible à bord de sa Volkswagen rouge (« c’est de la fabrication allemande »), le clairvoyant Lianzi avait mis en garde Tao (« mais ton corps est chinois »). Reste alors l’avenir, situé dans le film en 2025. L’espoir se dirige vers l’Australie où Zang s’est installé avec son fils nommé Dollar. C’est cette troisième partie qui donnera tout son sens à ce film laborieux et larmoyant ; sans le sauver, hélas.

► Qui gagnera la Palme d’or 2015? Le classement au jour le jour

 

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