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Vietnam/Etats-Unis

Vietnam: un ex-criminel de guerre à la tête d’une université privée américaine

John Kerry participait en mai 2016 à la cérémonie officielle de lancement de l’université Fulbright à Hô-Chi-Minh-Ville, au Vietnam (photo d'illustration).
John Kerry participait en mai 2016 à la cérémonie officielle de lancement de l’université Fulbright à Hô-Chi-Minh-Ville, au Vietnam (photo d'illustration). Getty Images/David Hannah

Au Vietnam, suite à la visite du président Obama en mai dernier, un ancien criminel de guerre a été nommé à la tête de la première université privée américaine, qui doit démarrer ses cours en septembre prochain. Une nomination surprenante, alors que le nouveau directeur de l’établissement, Bob Kerrey, a reconnu lui-même être responsable en 1969, en pleine guerre du Vietnam, du massacre d’une vingtaine de civils innocents.

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Avec notre correspondant à Ho-Chi-Minh-Ville,  Frédéric Noir

Le 25 mai dernier, John Kerry, le secrétaire d’Etat américain, participait à la cérémonie officielle de lancement de l’université Fulbright à Ho-Chi-Minh-Ville. A ses côtés figuraient le maire de la ville ainsi que le futur directeur de l’école, Bob Kerrey. Ancien gouverneur du Nebraska, sénateur, et candidat à la primaire démocrate de 1992, l’homme est aussi celui qui, en 1969, dirigeait le commando responsable du massacre de Thanh Phong, un petit village du delta du Mékong.

Alors qu’ils avaient pour but de s’emparer d’un chef vietcong, les Américains vont massacrer une vingtaine de villageois dont des enfants et des femmes enceintes. Kerrey ne fut jamais condamné pour ses actions. Au contraire, il reçut une médaille pour avoir officiellement tué 21 combattants ennemis. Après avoir longtemps minimisé son rôle, Kerrey finit par reconnaître les faits en 2001, deux journaux américains dont le New York Times Magazine ayant publié une enquête sur les évènements.

Au Vietnam, cette nomination controversée n’a pas déclenché de grands débats. L’information a été peu relayée par les médias locaux, mais des blogueurs et personnalités reconnues ont vivement réagi, considérant qu’une telle nomination ne devait pas servir à expier les méfaits du passé. Quant à l’intéressé, qui avait exprimé des remords, il a catégoriquement refusé de démissionner de son poste. Selon lui, il bénéficie du soutien des autorités locales et son retrait se ferait au détriment du projet.

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