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Thaïlande

Thaïlande: le recueillement et des questions après la mort du roi

Des centaines de Thaïlandais rendent d'ores et déjà un hommage empli d'émotion au défunt roi.
Des centaines de Thaïlandais rendent d'ores et déjà un hommage empli d'émotion au défunt roi. REUTERS/Athit Perawongmetha

En Thaïlande, un début de confusion est apparent après la mort jeudi du roi Bhumibol Adulyadej. Le prince héritier Vajiralongkorn, appelé en principe à prendre la succession a fait savoir qu’il ne voulait pas monter sur le trône dans l’immédiat afin d’observer une période de deuil. Personne ne sait exactement ce qu’il y a derrière ce qui semble être une réticence inattendue. En l’absence de roi, c’est le président du conseil privé du roi, Prem Tinsulanonda, qui assure la régence.

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Avec notre correspondant à Bangkok, Arnaud Dubus

Dans l’histoire contemporaine de la Thaïlande, jamais le trône n’est resté vacant plus de quelques heures après la mort d’un roi ou une abdication, sauf quand l’héritier était mineur. Aussi, le fait que le prince Vajiralongkorn, âgé de 63 ans, n’a pas accepté immédiatement l’invitation de l’Assemblée nationale à monter sur le trône a-t-il été une surprise.

Le prince, qui n’est pas connu pour son caractère facile, a dit qu’il souhaitait observer une période de deuil avec les Thaïlandais avant de prendre la couronne. Mais en fait, personne ne sait exactement ce qui se trame derrière la scène dans ce pays dirigé depuis deux ans et demi par une junte militaire.

La réticence du prince s’explique peut-être en effet par une question de bienséance. Mais elle pourrait aussi être un signe de ce que Vajiralongkorn veut affirmer son autorité vis-à-vis des militaires. Ce geste serait un signe de ce qu’il ne se laissera pas dicter sa conduite et qu’il ne sera pas, à l’avenir un souverain manipulable.

Ou bien encore, il pourrait aussi s’expliquer par une véritable réticence du prince héritier à devenir roi, peut-être à cause des pesanteurs du protocole et du fait qu’il préfère passer l’essentiel de son temps en Allemagne. Dans tous les cas, les Thaïlandais sont dans la perplexité.

Grand recueillement

C’est une atmosphère de grand recueillement à l’hôpital Siriraj de Bangkok où le roi Bhumibol est décédé jeudi. Des centaines de Thaïlandais agenouillés devant la statue du père du roi brûlent des bâtons d’encens. D’autres prient en silence ou méditent les yeux fermés. Certains essuient leurs larmes. D’autres se font prendre en photo devant le portrait du roi. Apinya Sotrakul, une employée est venue pour rendre hommage à la mémoire du monarque : « Je me sens très triste. C’est l’événément de ma vie qui me rend le plus triste. Je me sens fière d’être née à l’époque où il était le roi. Durant sa vie, il a toujours travaillé pour les Thaïlandais. Il s’est sacrifié sans cesse pour son peuple. »

Le corps doit être transporté lors d’une procession plus tard dans la journée au temple du Bouddha d’Emeraude, le principal de la capitale. Les funérailles elles-mêmes auront lieu dans plusieurs mois.
 

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