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Corée du Nord / Corée du Sud

Quand des réfugiés nord-coréens deviennent des stars sur les réseaux sociaux

Capture d'écran du profil Facebook de Nara Kang, le 2 février 2017.
Capture d'écran du profil Facebook de Nara Kang, le 2 février 2017. Facebook

Les Nord-Coréens réfugiés au Sud souffrent souvent d’une mauvaise image et sont considérés avec méfiance. Mais quelques jeunes transfuges sont en train de changer ces préjugés en devenant des célébrités sur les réseaux sociaux.

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C’est un phénomène récent : plusieurs jeunes Nord-Coréens réfugiés en Corée du Sud diffusent des émissions en direct, depuis leur chambre, face à une webcam. Ils utilisent des sites de streaming comme Afreeca TV, le « YouTube » sud-coréen, ou encore Facebook Live. Ils racontent leur histoire, parlent de la vie quotidienne dans la dictature nord-coréenne, ou encore donnent des recettes de cuisine du Nord.

Par exemple Lee Pyung. Il a 23 ans, une coupe de chanteur de K-pop, un tatouage sur le bras, un piercing au sourcil, et il fait ses directs avec sa collection de casquettes derrière lui. On est très loin de l’image habituelle et misérabiliste des transfuges nord-coréens !

Sa vidéo où il raconte sa fuite dramatique, seul, à 11 ans, en Chine puis en Mongolie, pour rejoindre son père, a déjà accumulé près de 2 millions de vues sur YouTube. Une autre célébrité venue du Nord est Son Bom-hyang, 29 ans. Les cheveux teints en jaune, elle parle à toute allure devant un décor fleuri et très kitsch. L’émission où elle raconte sa fuite dépasse les trois millions de vues.

Comment expliquer le succès de ces émissions en ligne ?

Depuis quelques années, on voit fleurir à la télévision des émissions qui mettent en scène des réfugiés nord-coréens. Des talk-shows ou des programmes de télé-réalité, qui mettent souvent en avant de jolies jeunes filles, qui parlent des aspects les plus méconnus d’un pays toujours très opaque.

Mais ces programmes sont écrits à l’avance, ils sont très préparés. Les émissions sur Internet ont l’avantage de la spontanéité – et aussi de la proximité, puisque les jeunes « youtubers » répondent en direct, souvent avec humour, aux questions des internautes.

Leurs monologues alternent les moments drôles et tragiques. Lee Pyung se souvient ainsi des souvenirs d’exécutions publiques auxquelles il devait assister enfant, des jeux auxquels il jouait, ou encore des mensonges outranciers de la propagande du régime.

Dépasser les préjugés à l’égard des réfugiés

Ces « youtubers » contribuent grandement à humaniser des transfuges qui sont vus comme des citoyens de seconde zone et qui sont considérés avec méfiance. On a toujours un peu peur d’avoir affaire à un espion.

C’est important, parce les 30 000 Nord-Coréens aujourd’hui réfugiés au Sud font face à de grandes difficultés d’intégration. Leurs difficultés sont un avant-goût des immenses défis que représentera une éventuelle réunification.

Le « youtuber » Lee Pyung a d’ailleurs déclaré qu’il a commencé ses émissions dans l’objectif de « changer les stéréotypes à l’encontre des transfuges, en particulier parmi les jeunes générations de Sud-Coréens ». Une activité qui est aussi rémunératrice : selon le quotidien Korea Herald, ses émissions lui rapporteraient 4000 euros par mois.

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