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Chine / Corée du Nord

La Chine n'importera plus de charbon nord-coréen jusqu'à fin 2017

Une centrale à charbon chinoise située près de Pékin.
Une centrale à charbon chinoise située près de Pékin. REUTERS/Jason Lee

La Chine va cesser ses importations de charbon de Corée du Nord jusqu'à fin 2017. Pékin durcit ainsi sa position après un nouveau test de missile et prive Pyongyang d'une source cruciale de revenus qui lui rapportait plus d'un milliard de dollars par an.

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« La Chine va cesser momentanément ses importations de charbon en provenance de Corée du Nord pour le reste de l'année », a indiqué le ministère chinois du Commerce samedi 18 février. Cette suspension, qui débutera dimanche et s'appliquera jusqu'au 31 décembre, concerne aussi les cargaisons en attente d'un examen aux douanes.

Ce durcissement intervient peu après l'essai par Pyongyang de son missile balistique Pukguksong-2 qui a parcouru dimanche dernier 500 kilomètres avant de retomber en mer du Japon, suscitant de vives réactions en Asie comme à Washington. Le lendemain, Kim Jong-Nam, demi-frère en disgrâce du dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un, était assassiné en Malaise. Réputé apprécié par Pékin, il vivait en exil en territoire chinois, à Macao.

Pression

Pour Antoine Bondaz, chercheur à la Fondation pour la Recherche stratégique, ces sanctions chinoises pourraient aussi s'expliquer par le fait que Pékin cherche à « faire pression sur la Corée du Nord, afin d'envoyer des signaux positifs aux Etats-Unis, alors que la Chine est en train de négocier la question de la mer de Chine méridionale ou même la question de Taïwan qui était le cas il y a dix jours avec le coup de fil entre Xi Jinping et Donald Trump ».

Les Etats-Unis avaient accentué la pression vendredi: le secrétaire d'Etat américain Rex Tillerson, qui rencontrait son homologue chinois Wang Yi pour la première fois, avait appelé Pékin à oeuvrer « par tous les moyens » à « modérer » son voisin. De fait, la Chine, unique allié de Pyongyang et son principal soutien diplomatique, lui fournit un soutien économique vital, mais cache de moins en moins son agacement face à l'intransigeance de Kim Jong-Un. Celui-ci n'a toujours pas visité la Chine, cinq ans après son arrivée au pouvoir.

Autre élément important, rappelle Antoine Bondaz joint par RFI, « les relations entre la Corée du Sud et la Chine se dégradent fortement du fait du déploiement par les Américains d'un système d'interception anti-missile sur le territoire sud-coréen. En faisant pression sur la Corée du Nord, la Chine pourrait envoyer un message positif à la Corée du Sud en essayant de convaincre le gouvernement sud-coréen qu'elle fait pression sur la Corée du Nord et qu'elle n'a donc pas besoin de déployer ses systèmes anti-missile ».

Resserrer l'étau

En 2016, la Chine avait importé 22,5 millions de tonnes de charbon nord-coréen (une hausse de 15% sur un an), pour un montant total avoisinant 1,19 milliard de dollars, selon les douanes chinoises. La suspension annoncée samedi est destinée à « appliquer la résolution 2321 du Conseil de sécurité des Nations unies », a insisté Pékin. Adoptée le 30 novembre, celle-ci resserrait l'étau des sanctions internationales contre Pyongyang en raison de son programme nucléaire.

La résolution plafonnait notamment les ventes nord-coréennes de charbon à 400,9 millions de dollars (ou 7,5 millions de tonnes) par an à partir de 2017, une réduction de 62% par rapport à 2015. Pékin avait alors suspendu ses importations pour trois semaines, ce qui ne les avait pas empêchées de bondir de 13% sur un an pour l'ensemble de décembre. Et le commerce avait de nouveau repris début janvier.

(Avec AFP)

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