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Japon

Japon: révélation d’une mort par surmenage à la chaîne de médias publique NHK

La journaliste Miwa Sado, de la chaîne de radio et télévision publique japonaise NHK, morte il y a quatre ans de surmenage.
La journaliste Miwa Sado, de la chaîne de radio et télévision publique japonaise NHK, morte il y a quatre ans de surmenage. Capture d'écran

La mort par surmenage fait une nouvelle victime dans une grande entreprise japonaise : la chaîne de radio et télévision publique NHK est forcée d’admettre que l’une de ses jeunes journalistes est décédée d’un malaise cardiaque après avoir accumulé 159 heures supplémentaires en l’espace d’un mois. Cette affaire est d’autant plus gênante pour la NHK que la chaîne de télévision menait une campagne contre l’épuisement au travail.

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De notre correspondant à Tokyo,

Ce décès est encore plus fâcheux pour la NHK que la chaîne de radio et télévision publique rend officielle la mort par surmenage d’une de ses journalistes, Miwa Sado, 31 ans, seulement quatre ans plus tard, sous la pression des parents de la victime.

Miwa Sado est morte dans son lit en juillet 2013. Elle a été retrouvée tenant son téléphone portable serré dans une main, aux dires des médias.

Un an après sa mort, les autorités japonaises avaient conclu qu’elle était due à un nombre excessif d’heures supplémentaires. La NHK n’a alors pas annoncé les conclusions du rapport d’enquête des autorités médicales japonaises…

Peut-être parce que les autorités japonaises ne voulaient pas que les Japonais, qui paient leur redevance, apprennent qu’une grande entreprise du secteur public impose à ses employés de gros volumes de travail, alors que le gouvernement n’a toujours pas imposé un plafond légal des heures supplémentaires.

Compenser un salaire de base plutôt faible

Selon un rapport du gouvernement, 191 cas dekaroshi, ou de mort par surmenage, ont été répertoriés lors de l’année fiscale 2016 qui s’est terminée à la fin mars ; une forte hausse par rapport aux 96 cas enregistrés en 2015. Et les cas seraient dix fois plus nombreux dans la réalité, selon le Conseil national de défense des victimes du karoshi.

Le Japon a un rapport particulier au travail. Les employés à plein temps ne prennent que la moitié des jours de congés payés prévus dans leur contrat : 9 sur 18. Ceux âgés de moins de 40 ans disent que les heures supplémentaires sont un moyen de compenser un salaire de base plutôt faible.

Les employés temporaires - 38 % de la population active - sont encore moins payés et protégés, et ils accumulent le maximum d’heures supplémentaires.

Le gouvernement a adopté un plan d’action contre la mort par surmenage. Le dernier vendredi de chaque mois les salariés sont invités à quitter leur bureau à 15 heures.

Suicides et faible productivité

Le surmenage est aussi responsable de suicides. En juillet 2017, un ouvrier de 23 ans du chantier de construction du stade olympique s’est donné la mort. Il avait accumulé 200 heures supplémentaires dans le mois qui a précédé son suicide.

Le gouvernement souhaite limiter à 60, le nombre d’heures supplémentaires par mois. Mais il n’y a toujours pas d’accord avec l’opposition et les syndicats. C’est toute la culture d’entreprise japonaise qu’il faudrait changer, car le surmenage contribuerait aussi à la très faible productivité du pays.

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