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Inde

Le principe de neutralité du Net s'impose en Inde

Des activistes du Congrès de la jeunesse indienne et de l'Union nationale des étudiants indiens manifestent pour la neutralité d'Internet, le 16 avril 2015, à New Dehli.
Des activistes du Congrès de la jeunesse indienne et de l'Union nationale des étudiants indiens manifestent pour la neutralité d'Internet, le 16 avril 2015, à New Dehli. AFP PHOTO / MONEY SHARMA

L'Inde vient d'inscrire dans le marbre la neutralité de l'Internet. Une étape très importante pour préserver l'accès à la Toile pour tout le monde, dans l'un des pays qui compte le plus grand nombre d'internautes au monde. A partir de maintenant, aucun fournisseur d'accès ne pourra décider d'offrir un service différent suivant les tarifs.

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Le gouvernement vient d'approuver ce principe essentiel de l'Internet et devrait bientôt signer le décret qui lui donne une force légale. Les opérateurs de télécommunication n'auront alors pas le droit d'offrir de services différenciés à la Toile selon le prix payé par l'internaute.

Si ce principe n'est pas respecté, un fournisseur d'accès pourrait proposer un abonnement à bas prix mais qui ne permettrait de naviguer que sur un nombre limité de sites, gérés par des sociétés partenaires par exemple.

Dès qu'on essaierait d'aller chez les concurrents, la vitesse de connexion serait bien plus lente. Un accès biaisé, donc, comme si une bibliothèque était gérée par une entreprise qui n'offrirait que des livres qu'elle a elle-même publiés. Le rêve de l'Internet, comme bibliothèque mondiale et gratuite, serait alors anéanti.

Un Internet gratuit... mais restreint

Il y a trois ans, Facebook a proposé un service alléchant : l'Internet gratuit pour des centaines de millions d'Indiens. Mais ce service, appelé Free Basics, se réservait le droit de restreindre l'accès de ces utilisateurs à certains contenus et d'empêcher l'accès aux conversation par vidéos, entre autres choses.

 → A (RE)LIRE : En Inde, l’Internet à marche forcée

Facebook avançait que cela permettait d'offrir un service de base à ceux qui ne peuvent pas payer de connexion. Mais la société civile s'est révoltée contre cette première rupture de la neutralité du Net, qui permettait en fait à une compagnie - Facebook - de choisir ce que chacun peut voir sur la Toile.

L'autorité indienne de régulation a finalement rejeté la proposition de Facebook. La récente décision du gouvernement vient confirmer cette position, avec quelques dérogations tout de même - pour les services très spécialisés, comme la télémédicine ou la gestion de voitures autonomes.

Une position de résistance

En effet, des dizaines de pays du Sud ont cédé à cette proposition, comme le Bangladesh, la Bolivie, et 28 pays africains, depuis le Maroc au Madagascar en passant par le Sénégal et la République démocratique du Congo. Les Etats-Unis, qui avaient d'abord adhéré au principe de la neutralité du Net, sont également en train de faire marche arrière.

L'Inde, pays qui compte la deuxième plus importante population d'internautes après la Chine, fait donc figure de résistante face à la pression des grandes entreprises des télécommunications.

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