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Japon

Japon: comparution de Carlos Ghosn pour clarifier les motifs de sa détention

Carlos Ghosn apparaît dans un bulletin d'information à la télévision japonaise, le 20 novembre 2018.
Carlos Ghosn apparaît dans un bulletin d'information à la télévision japonaise, le 20 novembre 2018. Toshifumi KITAMURA / AFP

Le PDG de Renault, Carlos Ghosn, va comparaître la semaine prochaine devant un tribunal de Tokyo, à sa demande. Il souhaite obliger le procureur à clarifier publiquement le motif de sa détention prolongée au Japon.

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Les raisons pour lesquelles cette requête intervient maintenant n'ont pas été précisées, alors que Carlos Ghosn est maintenu en garde à vue depuis plus d'un mois et demi dans une prison de la capitale japonaise. Selon le tribunal de Tokyo, l'ex-patron de Nissan a déposé via ses avocats une requête en application de l'article 34 de la Constitution nippone qui précise qu'une personne retenue peut exiger que le motif précis de sa détention soit exposé « lors d'une séance publique au tribunal ».

La justice ne peut refuser cette demande qui doit lui permettre de comparaître en personne avec son avocat. Jusqu'à présent Carlos Ghosn, arrêté le 19 novembre, est contraint au silence, ses avocats ne pouvant pas assister aux interrogatoires et n'ayant pas accès aux pièces du dossier.

« Des pertes sur des investissements personnels » couvertes par Nissan

La séance a été fixée au mardi 8 janvier, à 10 h 30, heure locale, a précisé le tribunal. Ce nouveau rebondissement intervient alors que le tribunal de Tokyo a décidé lundi dernier de prolonger de nouveau de dix jours, jusqu'au 11 janvier, la garde à vue de l'ex-patron de Nissan dans le cadre d'un troisième mandat d'arrêt, sur des soupçons d'abus de confiance.

Concrètement, le bureau des procureurs lui reproche d'avoir fait couvrir par Nissan « des pertes sur des investissements personnels » au moment de la crise financière d'octobre 2008, ce qu'il nie selon ses avocats cités par les médias. La somme incriminée s'élève à 1,85 milliard de yens (14,5 millions d'euros). Pour résoudre ce problème financier, il aurait obtenu qu'un ami d'Arabie saoudite se porte garant et aurait effectué des virements d'un montant équivalent sur le compte de ce dernier depuis un compte d'une filiale de Nissan.

Ce type de délit est normalement prescrit au bout de 7 ans, mais la loi permet de suspendre le décompte lors des séjours à l'étranger, nombreux dans le cas de Carlos Ghosn qui passait seulement un tiers de son temps au Japon.

De nouveaux soupçons pèsent sur Carlos Ghosn

Par ailleurs, selon la presse de ce vendredi 4 janvier, le procureur le soupçonne aussi d'avoir versé près de 40 millions d'euros à des « relations » au Liban et ailleurs, argent provenant des caisses de Nissan. En outre, parallèlement, M. Ghosn est aussi en détention provisoire à la suite d'une première inculpation sur des soupçons de minoration illégale de ses revenus dans des rapports annuels de Nissan remis aux autorités boursières.

Pendant ce temps, l'alliance Renault-Nissan est dans la tourmente. Les constructeurs japonais Nissan et Mitsubishi Motors ont déjà révoqué à l'unanimité M. Ghosn de la présidence de leur conseil d'administration, mais le groupe français Renault l'a maintenu jusqu'à présent à son poste, confiant « à titre provisoire » la direction exécutive à son numéro deux Thierry Bolloré. Il est aussi toujours PDG en titre de l'alliance Renault-Nissan.

(avec AFP)

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