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Corée du Sud

Corée du Sud: nouveaux scandales de caméras espions et misogynie

Ces scandales sont vus par les féministes coréennes comme une manifestation de la forte misogynie qui caractérise leur société. (Photo d'illustration)
Ces scandales sont vus par les féministes coréennes comme une manifestation de la forte misogynie qui caractérise leur société. (Photo d'illustration) Eric Lafforgue/Corbis/Getty

Deux nouveaux scandales de caméras espions, impliquant des célébrités et des hôtels, provoquent la colère et la consternation en Corée du Sud. Ces vidéos sexuelles, prises à l’insu des femmes qui en sont victimes, sont un problème endémique dans le pays.

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Avec notre correspondant à Séoul,  Frédéric Ojardias

La police a annoncé ce mercredi avoir démantelé un réseau criminel qui avait caché des caméras miniatures dans les chambres de 30 hôtels à travers la Corée du Sud. Ces caméras sans fil diffusaient en direct, en streaming sur un site pornographique, les vidéos des couples qui occupaient ces chambres.

Le site était payant et avait 4 000 abonnés, selon la police. 1 600 personnes ont été victimes de ces caméras espions minuscules, qui étaient cachées dans des prises électriques ou les box des télévisions.

Une autre affaire tout aussi sordide implique des stars de K-pop, la musique pop coréenne. Un chanteur, Jung Joon-young, est accusé d’avoir partagé sur un groupe de discussion en ligne des vidéos de femmes avec qui il avait eu des relations sexuelles. Des vidéos filmées, là aussi, à l’insu des victimes.

Les conversations ordurières de ces musiciens au sujet de ces femmes ont été publiées dans la presse, révélant – si besoin était – que le problème est profond.

Une « épidémie » de scandales

Ce ne sont en effet pas les premières affaires de ce type : la presse parle même « d’épidémie ». Beaucoup de ces caméras sont cachées dans des lieux publics, sauna ou toilettes. La police dénombrait 6 500 plaintes en 2017, un nombre qui a été multiplié par cinq en six ans.

Le problème est tel qu’il est à l’origine de l’une des plus grandes manifestations féministes de l’histoire du pays : l’été dernier, plus de 70 000 Coréennes sont descendues dans la rue, aux cris de « Ma vie n’est pas ton film porno ».

Ces vidéos – qui sont partagées sur les réseaux sociaux – peuvent détruire la vie des victimes. Beaucoup n’osent pas porter plainte. La moitié a un jour envisagé le suicide, selon une récente enquête. Pourtant, seulement 2 % de ces affaires se sont conclues par une arrestation, et 65 % des responsables arrêtés ne sont pas punis.

Un problème structurel de misogynie

Ces scandales sont vus par les féministes coréennes comme une manifestation de la forte misogynie qui caractérise leur société. Les conversations en ligne de ces stars de la K-pop sont à ce titre révélatrices de leur profond mépris à l’égard des femmes. Le scandale a aussi révélé qu’un officier de police avait tenté d’étouffer l’affaire.

Les autorités font pourtant des efforts. Ce lundi, la mairie de Séoul a publié des directives destinées à la police et aux victimes, afin de mieux lutter contre ces crimes. Séoul a aussi lancé une campagne d’inspection de ses 20 000 toilettes publiques pour y détecter les caméras espions.

Mais pour les féministes, ces scandales sont le signe d’une société profondément patriarcale, qui continue de traiter les femmes comme des objets sexuels. Et la solution ne passera pas par le recours à des gadgets de détection de caméras, mais par une profonde remise en cause de toute la société coréenne.

A (re)lire : Corée du Sud, quand les voyeurs high-tech filment sous les jupes des filles

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