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Afghanistan

Afghanistan: les talibans s’opposent à un cessez-le-feu mais pas au dialogue

Le chef des négociateurs talibans, Mohammad Abbas Stanikzai, le 5 février 2019 à Moscou.
Le chef des négociateurs talibans, Mohammad Abbas Stanikzai, le 5 février 2019 à Moscou. REUTERS/Maxim Shemetov

Le dirigeant des talibans, Hibatullah Akhundzada, a encore amenuisé samedi les espoirs d'un cessez-le-feu en Afghanistan tout en soulignant dans un communiqué que « les portes du dialogue » demeurent ouvertes avec les États-Unis.

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Ce rare message de celui qui a succédé au fondateur du mouvement insurgé, le Mollah Omar, puis au Mollah Akhtar Mansour, tué en mai 2016 par un drone américain au Pakistan, survient après la dernière série en date de pourparlers de paix entre talibans et États-Unis, achevée le mois dernier au Qatar sans progrès tangibles.

« Les portes du dialogue et de la négociation demeurent ouvertes », indique Hibatullah Akhundzada dans un communiqué diffusé à l'occasion de l'Aïd el-Fitr, fête qui marquera la fin du mois de ramadan en début de semaine prochaine. Mais il ajoute que « personne ne devrait s'attendre à ce que nous versions de l'eau froide sur les fronts brûlants de la lutte pour le jihad ou que nous oublions nos 40 années de sacrifices avant d'avoir atteint nos objectifs ».

La guerre continuera tant que des soldats étrangers se trouveront sur le sol afghan, dit-il en substance dans ce message. Le chef de file de l’insurrection des talibans maintient le même discours, les mêmes positions, analyse notre correspondante à Kaboul, Sonia Ghazali. Les pourparlers de paix entamés à l’automne dernier avec les Américains ne changent rien. Les talibans refusent d’aborder les autres points d’un éventuel accord de paix tant qu’un calendrier précis du retrait des troupes étrangères ne leur est pas présenté. En échange, le groupe armé garantit que l’Afghanistan ne se transformera pas en refuge pour des groupes terroristes.

Pas de cessez-le-feu pour l'Aïd

Son message a douché les espoirs que la population afghane avait placés dans un cessez-le-feu lors de l'Aïd. L'an dernier, les talibans avaient stoppé les combats trois jours durant à la même occasion, donnant lieu à d'inédites scènes de fraternisation entre combattants talibans, civils et membres des forces de sécurité. Il est peu probable que les insurgés réitèrent l'expérience selon plusieurs observateurs.

Le président afghan Ashraf Ghani avait proposé un cessez-le-feu au début du mois de ramadan mais les talibans avaient rejeté l'offre. Lors d'une rencontre cette semaine à Moscou, des membres de l'opposition au président Ghani avaient également demandé sans succès aux talibans d'observer un arrêt des combats.

La société civile afghane se mobilise également pour réclamer une trêve. Une trentaine de personnes ont entamé jeudi une nouvelle « marche pour la paix » de 150 kilomètres pour aller à la rencontre des talibans dans une zone sous leur contrôle dans le sud du pays.

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