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Belgique / Chine

Chine: une famille ouïghoure au coeur d’un imbroglio diplomatique avec la Belgique

Manifestation à New York pour la libération des Ouïghours, le 5 février 2019 (illustration).
Manifestation à New York pour la libération des Ouïghours, le 5 février 2019 (illustration). TIMOTHY A. CLARY / AFP

Restée en Chine, la femme d’un réfugié ouïghour de Belgique a été refoulée de l’ambassade belge à Pékin par la police chinoise. Un imbroglio diplomatique qui pourrait faire des remous tant la communauté ouïghoure est soumise à des persécutions en Chine.

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Son mari, Ablimit Tursun, est réfugié en Belgique depuis décembre 2017 et il a déposé pour sa femme et ses enfants, âgés de 5 à 17 ans, une demande d’asile au titre du regroupement familial. Sa femme devant produire un certain nombre de documents dont un certificat de mariage, elle s’est rendue à l’ambassade de Belgique à Pékin pour apporter les pièces nécessaires à son dossier.

Selon le ministère belge des Affaires étrangères, elle aurait dû plutôt envoyer ces documents par correspondance mais toujours est-il qu’elle s’est présentée physiquement à l’ambassade le 28 mai dernier.

Le véritable point noir de cette affaire, c’est l’entrée de la police chinoise sur le site de l’ambassade de Belgique à Pékin, rapporte notre correspondant à Bruxelles, Pierre Benazet. Un tel site bénéficie en théorie de l’extraterritorialité, c’est-à-dire en quelque sorte d’une immunité diplomatique qui ne permet pas aux autorités de l’État d’accueil d’y pénétrer sans invitation.

Or il n’y a eu de la part du ministère belge des Affaires étrangères aucune dénégation expresse au fait que la police chinoise ait pénétré sur le site pour emmener Wureyetiguli Abula et ses quatre enfants. Selon certaines sources c'est le personnel de l'ambassade qui a appelé la police.

Il était quatre heures du matin lorsque les faits se sont produits et la police chinoise qui surveille l’ambassade avait pu assister à la scène précédente car Wureyetiguli Abula avait en quelque sorte fait un sit-in dans l’emprise de l’ambassade mais en-dehors des bâtiments eux-mêmes.

Depuis son mari, qui n’a eu aucun contact direct avec elle, vient d’apprendre que la famille est rentrée à la maison et que sa femme est assignée à résidence. Le ministère des Affaires étrangères ne dit pas si la Belgique accorde l’asile à beaucoup d’Ouïghours mais si c’est le cas, il y a apparemment une consigne de discrétion absolue.

► À écouter aussi : Harcèlements, menaces, disparitions: les Ouïghours de France vivent dans la peur

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