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Inde: la politique nationaliste hindoue du gouvernement divise les intellectuels

Le Premier ministre indien Narendra Modi montrant son doigt encré, après avoir voté à Ahmedabad dans le Gujarat, le 23 avril 2019.
Le Premier ministre indien Narendra Modi montrant son doigt encré, après avoir voté à Ahmedabad dans le Gujarat, le 23 avril 2019. REUTERS/Amit Dave

En Inde, intellectuels et réalisateurs de cinéma s’affrontent ces derniers jours à coup de lettre ouverte. Les premiers dénoncent le manque d’action du gouvernement face aux agressions des minorités et musulmans, les autres objectent et défendent le Premier ministre.

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Avec notre correspondant à New Delhi

Mercredi dernier, 49 intellectuels, des historiens réputés autant que des réalisateurs et des musiciens célèbres, de tendance de gauche, ont pris la plume pour interpeller Narendra Modi : « Nous sommes choqués de constater qu’il y a eu 840 crimes contre les intouchables en 2016 et que les condamnations pour ces crimes ont baissé », écrivent-ils. Mais c’est surtout la culture du lynchage des musulmans qui inquiète ces intellectuels. Et particulièrement depuis l’horrible crime survenu le 17 juin dans l’État du Jharkhand, au nord du pays. 

Un musulman, accusé de vouloir voler une moto, a été attaché à un poteau et battu à mort, alors que ses assaillants le forçaient à chanter « Vive le dieu Ram », une prière des hindous, qui est depuis quelque temps devenu « un cri de guerre anti-musulmans », déplorent ces intellectuels. Le Premier ministre a condamné ce crime, mais selon les rédacteurs de cette lettre ouverte, il doit maintenant agir pour punir plus sévèrement ces lynchages.

Montée du nationalisme

Cette lettre arrive dans un contexte de montée du nationalisme hindou. Pendant les élections législatives d’avril et mai, les dirigeants du parti nationaliste hindou du BJP, auquel appartient le Premier ministre, ont violemment attaqué la communauté musulmane, en l’accusant même de « virus » de l’Inde et en exigeant qu’ils vénèrent les dieux hindous ou qu’ils partent vivre au Pakistan. Sur le terrain, les militants font parfois de même, en cherchant à provoquer des rixes religieuses au sein des communautés. Cela a fait naitre une fierté nationaliste parfois exprimée violemment par les hindouistes.

Cependant, d’autres intellectuels diffèrent et ont publié une réponse publique hier. Ils sont 62 signataires cette fois, artistes et politiciens proches de la droite, à condamner ce qu’ils décrivent comme une instrumentalisation de la souffrance des minorités dans le but de « créer un sentiment de peur collective »… alors, que, pour eux, ce gouvernement est justement en train d’aider tous les Indiens à s’émanciper. Ils affirment que cela ne fait que ternir l’image de l’Inde dans le monde. Il semble donc que la politique nationaliste hindoue du gouvernement divise également les intellectuels.

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