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Corée du Sud

La Corée du Sud veut accélérer le départ des troupes américaines de Séoul

En 2017, cérémonie marquant le début du déménagement de la huitième armée américaine de Yongsan au camp Humphreys à Pyeongtaek.
En 2017, cérémonie marquant le début du déménagement de la huitième armée américaine de Yongsan au camp Humphreys à Pyeongtaek. AFP

L’armée sud-coréenne a déclaré que la base militaire américaine de Yongsan, installée en plein cœur de Séoul depuis des décennies, allait déménager dès 2021, vers le port de Pyeongtaek face à la mer Jaune. Si ce déménagement des troupes américaines était prévu depuis longtemps, le gouvernement sud-coréen semble vouloir l’accélérer.

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Avec notre correspondant à Séoul, Frédéric Ojardias

Pour la presse, l’annonce du gouvernement sud-coréen est le signe d’une dispute qui couve entre la Corée du Sud et son allié militaire américain. Il faut savoir que 28 500 soldats américains sont déployés en Corée du Sud, une présence qui remonte à la fin de la guerre, en 1953.

Ces bases américaines en Corée – avec celles au Japon – sont pour les États-Unis un élément crucial de leur stratégie d’endiguement de la Chine voisine, et de toute leur architecture de sécurité en Asie du Nord-Est.

La base américaine de Yongsan est une immense garnison en plein coeur de Séoul et son déménagement, vers le port de Pyeongtaek face à la mer Jaune et face à la Chine, est prévu depuis longtemps. Il va métamorphoser la capitale.

Mais ce qui est surprenant, c’est cette annonce abrupte de la présidence sud-coréenne, qui a déclaré vouloir, « un retour plus rapide que prévu des territoires occupés par 26 bases américaines en Corée ». Un empressement vu comme une façon très peu diplomatique de faire pression sur l’allié américain...

Faire pression sur les États-Unis... dans quel but ?

L’alliance entre les deux pays se fragilise. Washington a vécu comme un affront la récente décision sud-coréenne de se retirer d’un accord d’échange de renseignements militaires signé avec le Japon. Dans le conflit commercial grandissant entre Séoul et Tokyo, les États-Unis semblent prendre parti pour leur allié japonais.

Et le président américain Donald Trump insiste pour que la Corée du Sud paie davantage pour la présence de son armée. Les négociations commencent bientôt, et elles seront tendues. Trump veut faire passer cette contribution annuelle de 860 millions à 5 milliards de dollars, ce qui agace les Sud-Coréens, qui estiment payer déjà assez cher.

Un édito du quotidien Korea Times accuse Trump de « mercantilisme » et qualifie les troupes américaines de « mercenaires ». Et son auteur conclut que, alors que la guerre commerciale entre Chine et États-Unis se prolonge, « la pax americana [en Asie du Nord-Est] est en train de disparaître ».

La fragilisation du « leadership » américain profite aux pays voisins

Il est d’ailleurs frappant de voir que, dans le conflit actuel entre Corée du Sud et Japon, ce ne sont pas les États-Unis, mais la Chine qui veut jouer le rôle de médiateur : Pékin a organisé fin août une rencontre trilatérale pour tenter d’apaiser la crise. Crise que Washington, pourtant allié de Séoul et Tokyo, est incapable de résoudre.

Et Donald Trump, qui minimise la gravité de la menace militaire nord-coréenne, qui se moque de l’accent du président sud-coréen, qui critique les manœuvres militaires que son propre pays organise avec la Corée du Sud, commence à fâcher même les Sud-Coréens conservateurs, d’habitude farouchement proaméricains.

Ce délitement de la pax americana en Extrême-Orient semble aussi profiter à la Corée du Nord, qui a tiré en toute impunité une série de nouveaux missiles cet été. Pyongyang a toujours cherché à affaiblir l’alliance militaire entre Corée du Sud et États-Unis, et c’est ce que Donald Trump est en train de réaliser.

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