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Corée du Sud

Corée du Sud: un nouveau ministre de la Justice déjà accusé de corruption

Cho Kuk, le nouveau ministre de la Justice sud-coréen lors de sa prise de fonction, lundi 9 septembre 2019.
Cho Kuk, le nouveau ministre de la Justice sud-coréen lors de sa prise de fonction, lundi 9 septembre 2019. YONHAP / AFP

C’est une affaire politique qui ne cesse de prendre de l’ampleur et qui met la Corée du Sud sens dessus-dessous : lundi est entré en fonction un nouveau ministre de la Justice soupçonné d’être lié à plusieurs affaires de corruption. Une nomination controversée qui déclenche la furie de l’opposition conservatrice et dont l’enjeu est, paradoxalement, la réforme du système judiciaire sud-coréen.

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L’opposition conservatrice se déchaîne depuis l’entrée en fonction de Cho Kuk, ce nouveau ministre de la Justice : « La démocratie en Corée a été assassinée par l’arrogance du président », accuse ainsi une députée conservatrice qui s’est rasée le crâne en public pour exprimer sa colère.

Une autre députée l’a imitée le lendemain. Cette nomination est « l’événement le plus regrettable de toute l’histoire de la Corée », a renchéri Na Kyung-won, poids lourd du Parti de la Liberté de Corée, le principal parti d’opposition.

Cela fait près de trois semaines qu’une cascade de révélations et de scandales autour du ministre et de sa famille tient le pays en haleine. Des étudiants manifestent leur colère. L’affaire fait tous les jours la une d’une presse qui s’y intéresse beaucoup plus que les derniers tirs de missiles nord-coréens !

Cho Kuk et les casseroles familliales

Cho Kuk est un proche du président Moon Jae-in. Une figure très médiatique de la gauche coréenne, un professeur de droit brillant, éloquent pourfendeur des inégalités qui minent la société coréenne. Mais Cho et sa famille sont accusés de corruption. Sa femme a été mise en examen. Leur fond de placement privé est l’actionnaire principal d’une entreprise d’éclairage de rues qui a reçu, bizarrement, d’importantes commandes publiques quand Cho Kuk est devenu conseiller de Moon, il y a deux ans.

Sa fille est soupçonnée d’avoir triché et utilisé les réseaux de ses parents pour être admise dans l’une des plus prestigieuses universités de Séoul. Une accusation gravissime dans un pays où chaque petit Coréen sacrifie son enfance pour préparer les très difficiles concours universitaires.

Le nouveau ministre de la Justice se trouve donc dans le collimateur de ses propres procureurs ! Le conflit d’intérêt est évident, et l’opposition en profite pour se faire entendre et rassembler ses troupes. Une opposition qui depuis la destitution de la présidente Park Geun-hye, il y a deux ans, était très divisée, et plutôt inaudible.

Clé de voute de la réforme du système judiciaire

Moon Jae-in veut réformer le système judiciaire coréen, en particulier le très puissant Bureau Public des Procureurs et Cho Kuk, un juriste, est l’artisan central de cette réforme.

Ce Bureau est une institution très politisée, dotée de pouvoir étendus. Elle a été accusée dans le passé d’avoir abusé de ces pouvoirs, notamment sous les gouvernements dictatoriaux et conservateurs, pour museler les opposants politiques.

Moon Jae-in veut donc lui ôter une partie de ses prérogatives, ce qui n’est guère du goût des procureurs. La gauche assure que la tornade judiciaire actuelle qui vise Cho Kuk, la mise en examen de ses proches, les 30 perquisitions qui l’ont visé sont des attaques politiques qui visent à empêcher cette réforme.

Une réforme pour laquelle une majorité de Coréens se disent favorables mais le problème est que le nouveau ministre semble aujourd’hui beaucoup trop décrédibilisé pour pouvoir la mener à bien.

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