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Corée du Sud

Un film sud-coréen suscite une vague de commentaires misogynes et antiféministes

Le film sud-coréen « Kim Ji-young, née en 1982 » tiré du roman du même nom sucscite de nombreux réactions misogynes.
Le film sud-coréen « Kim Ji-young, née en 1982 » tiré du roman du même nom sucscite de nombreux réactions misogynes. Yonhap

Avant même sa sortie en salle, le film sud-coréen Kim Ji-young, née en 1982 provoque une avalanche de commentaires sexistes et misogynes en ligne. Ces réactions illustrent un phénomène récent de montée de la pensée conservatrice et patriarcale en Corée du Sud.

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De notre correspondant à Séoul

Le best-seller féministe de la romancière Cho Nam-joo Kim Ji-young, née en 1982, avait déjà lui-même provoqué des réactions misogynes : des célébrités avaient été victimes de cyberharcèlement pour l’avoir défendu. Et la sortie du film provoque un nouveau torrent d’insultes sexistes sur les réseaux, des internautes se moquant par exemple du poids du personnage principal.

Résurgence du machisme

Selon de récentes études, les Sud-Coréens qui ont entre 20 et 30 ans se montrent plus misogynes que la génération des 30-40 ans. Dans un sondage l’année dernière, 76% disaient s’opposer au féminisme. En avril, 56 % des jeunes interrogés refusaient d’avoir une petite amie qui se dise féministe.

On note aussi l’émergence de groupes masculinistes, constitués d’hommes qui se disent victimes de discriminations sexuelles. Ce phénomène a un impact politique : le président Moon Jae-in, perçu comme féministe, a vu son taux de soutien chez les hommes vingtenaires chuter et passer à moins de 30 % en deux ans.

Ce phénomène peut s’expliquer par une réaction face à la montée en puissance des revendications féministes en Corée du Sud. La société coréenne reste très patriarcale, les différences de salaires hommes-femmes sont par exemple les pires des pays de l’OCDE.

Mais les féministes ont remporté quelques victoires ces dernières années. Le mouvement #MeToo a eu un impact considérable. Le gouvernement a mis en place des mesures pour faciliter l’emploi féminin.

Tension exacerbée

Dans le milieu professionnel, les hommes doivent désormais faire face à la concurrence grandissante des femmes... ce qui ne convient guère à certains, qui affirment par exemple que le service militaire long et obligatoire pour les hommes constitue une discrimination. Ces tensions entre les sexes sont exacerbées par un marché du travail toujours plus compétitif, et par la hausse du taux de chômage des jeunes.

►À lire aussi : Corée du Sud : marée humaine en soutien au ministre Cho Kuk accusé de corruption

Les réseaux sociaux jouent aussi un rôle dans l’aggravation de ces tensions. Les commentaires misogynes se répandent et se banalisent sur les réseaux sociaux et sur YouTube. Une chercheuse, citée par la chaîne CNN, révèle que les hommes qui s’informent sur le féminisme en ligne sont plus susceptibles de devenir antiféministes.

Certains sites populaires, comme Ilbe, se distinguent par leur outrance machiste. Mais les féministes coréennes sont aussi très actives sur les réseaux : de façon ironique, de nombreux féministes ont réagi aux insultes provoquées par la sortie du film Kim Ji-young en assurant qu’ils iraient voir ce film, pour le soutenir, alors qu’ils n’en avaient pas initialement l’intention.

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