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Corée du Sud

Le fondateur sud-coréen d’un site pédophile condamné à une peine jugée légère

Le fondateur du site pédophile possédait plus de huit téraoctets de données pédopornographiques sur ses serveurs.
Le fondateur du site pédophile possédait plus de huit téraoctets de données pédopornographiques sur ses serveurs. RFI/D. Alpoge

La semaine dernière, les autorités américaines et sud-coréennes ont annoncé le démantèlement du plus grand site connu d’échange de vidéos pédophiles au monde.

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De notre correspondant à Séoul,

Les chiffres sont glaçants : huit téraoctets de données, 250 000 vidéos d’agressions sexuelles, des milliers d’utilisateurs payants. Parmi les victimes se trouvent des bébés. Quelque 337 utilisateurs ont été arrêtés, dans 38 pays différents. Vingt-trois mineurs apparaissant dans ces vidéos ont été tirés des griffes de leurs agresseurs.

Le site se trouvait sur le « darknet ». Les autorités ont identifié en mars 2018 le fondateur du site, Son Jong-woo, un Sud-Coréen de 23 ans. Le serveur se trouvait dans sa chambre. Il a été condamné peu après à 18 mois de prison ferme.

Une pétition pour un jugement plus sévère

Le verdict a été jugé comme trop clément par les Sud-Coréens qui ne découvrent que maintenant l’ampleur de l’affaire. Depuis le lundi 21 octobre, une pétition mise en ligne sur le site de la présidence coréenne réclame une punition plus sévère.

Et cette même pétition demande à ce que les noms et les photographies de tous les utilisateurs du site soient divulgués. Plus de 246 000 signatures ont déjà été recueillies.

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Le fait qu’il a fallu attendre un an et l’annonce de la justice américaine pour que la nouvelle du démantèlement du site attire enfin l’attention « montre à quel point les crimes sexuels en ligne en Corée sont négligés », accuse le représentant d’une association coréenne, interviewé par le quotidien Korea Herald.

Selon un rapport de l’ONG internationale ECPAT, qui lutte contre le trafic sexuel des enfants, « la Corée du Sud reste l’un des fournisseurs les plus significatifs de pornographie pédophile ». Si Son Jong-woo, l’opérateur du site, n’a été condamné qu’à 18 mois de prison en Corée, il risque 30 ans de détention en cas d’extradition aux Etats-Unis.

Le bitcoin pas si anonyme

Le démantèlement de son site a aussi permis de montrer que l’utilisation de bitcoin, une crypto-monnaie, n’est pas aussi anonyme qu’on le croit. Le site faisait en effet payer ses clients en bitcoins, une monnaie virtuelle, décentralisée, qui peut être détenue de façon anonyme.

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Mais de plus en plus de pays n’autorisent plus cet anonymat, et les enquêteurs américains ont réussi par divers moyens à remonter la trace des paiements jusqu’au gérant en Corée du Sud, ce qui a finalement permis de démanteler son site. Il est aussi impossible d’effacer l’historique de transactions en bitcoins.

Un spécialiste estime donc sur CNN que d’autres usagers de ce site pédophile pourraient être identifiés. Le même spécialiste ajoute que les cybercriminels utilisent désormais d’autres crypto-monnaies, qui protègent leur anonymat du moins pour le moment.

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