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Pakistan

Pakistan: une marche de la liberté contre le Premier ministre Imran Khan

Imran Khan, le Premier ministre pakistanais.
Imran Khan, le Premier ministre pakistanais. TIMOTHY A. CLARY / AFP

Des milliers de manifestants sont arrivés dans les rues d'Islamabad, jeudi 31 octobre, pour participer à la marche de la liberté qui aura lieu ce vendredi 1er octobre et demander la démission du Premier ministre Imran Khan.

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Avec notre correspondante à Islamabad,  Sonia Ghezali

L'opposition accuse le Premier ministre d’avoir été porté au pouvoir grâce à l’armée pakistanaise toute-puissante, remettant en cause les élections d’août 2018 et les résultats qu’ils jugent frauduleux. Ce mouvement contestataire intervient un an après l’arrivée au pouvoir d’Imran Khan et son bilan économique catastrophique jusqu’ici.

La naissance de la marche de la liberté

La marche protestataire a été lancée par la Jamiat Ulema-e Islam, le parti islamiste dirigé par Fazal-ur-Rehman. Maulana Rehman, tel qu’il est surnommé en référence à sa position de clerc formé à l’université de Peshawar dans l’ouest du Pakistan et à l’université d’al-Azhar, institution et autorité religieuse du Caire en Égypte.

Il a lancé son appel à marcher jusqu'à Islamabad il y a plusieurs semaines pour appeler le Premier ministre Imran Khan à la démission. Pourquoi ? Parce que, dit-il, les élections générales d’août 2018 qui l’ont porté au pouvoir étaient frauduleuses. Il dénonce un scrutin manipulé avec le soutien de l’armée pakistanaise, allié du Premier ministre.

Le leader de la Jamiaat-e-islam n’a pas hésité à évoquer publiquement lors de ses prises de parole sur la route en direction d'Islamabad depuis dimanche, les pressions exercées par l’establishment sur les journalistes pour taire toute critique à l’égard des autorités. Un hashtag est même né sur Twitter : #AzadiMarchMediaBlackout. Il dénonce la faible couverture des médias soumis a une censure insidieuse. Le leader islamiste dénonce aussi le musellement de l’opposition.

Un discours de Fazal-ur-Rehman est prévu ce vendredi 1er novembre pour marquer le soutien aux familles des 74 victimes de l'incendie d'un train, qui a eu lieu le jeudi 31 octobre dans le centre du pays.

En 2014, un cortège de milliers d’opposants avait également déferlé sur la capitale. Dans les rues d’Islamabad, il y avait eu près de 20 000 policiers et paramilitaires. Des conteneurs avaient aussi été placés sur les axes routiers. Les manifestants appelaient à la démission du Premier ministre qui, à cette époque, était Nawaz Sharif, l’accusant d’avoir remporté les élections grâce à des fraudes massives. Qui était en tête du mouvement de contestation ? Le chef de file du Parti de la justice, Imran Khan, Premier ministre actuel.

Les autres partis d'opposition

Le PML-N du clan des Sharif a annoncé son soutien. « Nous sommes entièrement d'accord avec les objectifs que Maulana Fazlur Rehman a fixés et la Ligue musulmane le suivra dans toutes les villes », a déclaré l’un de ses chefs de file dans une vidéo publiée sur le compte Twitter du parti.

Le PPP (le Parti du peuple pakistanais, fondé par Zulfikar Ali Bhutto) a également annoncé son soutien. Reste à savoir si les militants se joindront en nombre au cortège.

Cette mobilisation de l’opposition contre Imran Khan est la plus importante depuis son arrivée au pouvoir il y a plus d’un an. Elle se fait dans un contexte particulièrement difficile. La croissance est en berne, l’inflation en hausse, la roupie s'est considérablement effondrée face au dollar perdant près d’un tiers de sa valeur en l’espace de quelques mois. Imran Khan fait face à une vague de mécontentement au sein même de son électorat.

L'adhésion de la population

Il y a une certaine adhésion de la population, sans aucun conteste, au vu du nombre de manifestants pour l'instant, puisqu’on parle d’au moins 40 000 participants selon les médias locaux.

Dans un pays de plus de 200 millions d’habitants, ces chiffres doivent faire relativiser. Néanmoins, des cortèges sont partis de plusieurs villes des quatre coins du pays. À Islamabad cependant, nombreux sont ceux qui redoutent des débordements.

Plusieurs conteneurs ont été installés dans différents points de la ville par les autorités pour bloquer les routes en cas d’incidents. Encore une fois, cette marche n’est pas une première dans l’histoire politique du Pakistan.

L'impact de la marche de la liberté

La réaction de l’establishment et du gouvernement d’Imran Khan est scrutée. Tout le monde ne parle que de la censure et de la répression à l’encontre des opposants au pouvoir. Cette marche de la liberté est un test grandeur nature pour les autorités, estiment certains analystes.

Parviendront-elles à respecter la liberté d’expression et les critiques sans intervenir par la répression ? « Nous sommes en démocratie et nous ne sommes pas régis par la loi martiale », expliquait une chercheuse pakistanaise il y a quelques jours, « mais souvent c’est tout comme » avait-elle ajouté.

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