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Corée du Nord / Corée du Sud / États-Unis

Corée du Nord: les parents du jeune Otto Warmbier à l'offensive à Séoul

Cindy et Fred Warmbier, parents du jeune Otto, étudiant américain mort des suites de sa captivité en Corée du Nord, à Séoul ce vendredi 22 novembre 2019.
Cindy et Fred Warmbier, parents du jeune Otto, étudiant américain mort des suites de sa captivité en Corée du Nord, à Séoul ce vendredi 22 novembre 2019. RFI / Frédéric Ojardias

Les parents d’Otto Warmbier, un étudiant américain mort en 2017 des suites de sa captivité en Corée du Nord, ont décidé de passer à l’offensive contre le régime de Pyongyang, en utilisant les tribunaux et la saisie d’actifs à l’étranger.

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Cindy et Fred Warmbier viennent de réussir à obtenir l’argent de la revente du Wise Honest, un cargo nord-coréen saisi cette année par les autorités américaines. C'est une première. Les parents du jeune Otto Warmbier se trouvent en ce moment en Corée du Sud. À Séoul, ils ont rencontré des membres de familles de Japonais et de Coréens enlevés eux aussi par la Corée du Nord, rapporte notre correspondant, Frédéric Ojardias.

L’occasion d’expliquer leur stratégie pour forcer le régime à changer d’attitude. Leur cible : le portefeuille du clan de Kim Jong-un, le jeune homme fort de Pyongyang. À l'étranger, « la Corée du Nord possède énormément d’actifs, fait remarquer Fred Warmbier. La famille Kim a des milliards de dollars dans des comptes bancaires suisses, elle a des maisons en Suisse. »

« Notre mission, considère M. Warmbier, est de retrouver ces biens et de défier les dirigeants nord-coréens. » « Les autorités nord-coréennes ne cessent de violer la loi dans le monde entier. Ils gèrent par exemple un hôtel (dans leur ambassade) d’Allemagne, en violation de la loi européenne et des sanctions internationales. Ces problèmes sont ignorés. Et ignorer la Corée du Nord est ce qui a coûté la vie de mon fils. »

Cindy Warmbier ne le cache pas, elle a la « haine » : « J’espère me rendre sur la frontière intercoréenne. Je veux y aller pour dire aux Nord-Coréens : " Bonjour ! Je suis la maman d’Otto. Je vous hais." Je veux les regarder dans les yeux, voir le mal en face, et savoir que nous l’emporterons. Nous ne pouvons pas les laisser faire. Nous devons nous battre, de toutes nos forces. »

Otto Frederick Warmbier lors de son procès particulièrement court et éprouvant, à Pyongyang le 16 mars 2016. Le jeune homme avait fini en larmes devant les caméras du régime.
Otto Frederick Warmbier lors de son procès particulièrement court et éprouvant, à Pyongyang le 16 mars 2016. Le jeune homme avait fini en larmes devant les caméras du régime. KCNA / AFP

Un tribunal américain a déjà condamné Pyongyang à verser un demi-milliard de dollars à la famille Warmbier. Le régime refuse de payer et les parents d’Otto continuent leur combat. Les Warmbier ont aussi fermement critiqué la Corée du Sud et son président Moon Jae-in, accusé de ne pas aider les familles de personnes enlevées par Pyongyang et de négliger la question des droits de l'homme afin de ne pas froisser le régime.

Alors qu’il se trouvait en Corée du Nord dans le cadre d’un voyage organisé de cinq jours, Otto Warmbier avait été arrêté en janvier 2016 à Pyongyang. Il aurait tenté de dérober une affiche de propagande avant de quitter son hôtel. Après un procès de moins d’une heure, il est condamné en mars 2016 à 15 ans de travaux forcés.

Le jeune homme tombe dans le coma peu de temps après, de cause inconnue. Selon le régime nord-coréen, le coma est causé par la conjonction de botulisme et de la prise de somnifères. Mais selon les médecins qui le soignent ensuite à Cincinnati, après son rapatriement le 13 juin 2017, il souffre de sévères dommages neurologiques. Le 19 juin 2017, six jours après son retour aux États-Unis, Otto Warmbier meurt à l'âge de 22 ans.

Début 2019 à Hanoï, au Vietnam, Donald Trump avait déclaré qu'il avait évoqué le cas du jeune étudiant décédé avec Kim Jong-un : « Ce qui s’est passé est horrible, mais je ne pense pas que le plus haut dirigeant ait été au courant. J’en ai parlé avec lui il m’a dit qu’il n’était pas au courant et je le crois sur parole », avait confié le président américain.

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