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Inde

Inde: manifestation contre un projet de loi controversé sur la citoyenneté

Des manifestants protestent en silence à New Delhi contre la vague de crimes anti-musulmans, en 2017 (image d'illustration).
Des manifestants protestent en silence à New Delhi contre la vague de crimes anti-musulmans, en 2017 (image d'illustration). CHANDAN KHANNA / AFP

Le 4 décembre dernier, le Conseil des ministres a donné son veut vert à un projet de loi controversé sur la citoyenneté. Une réforme qui vise à accorder la nationalité aux immigrés ayant fui l’Afghanistan, le Pakistan, et le Bangladesh. À l’exception des musulmans. Samedi 7 décembre, plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées à New Delhi pour protester contre cet amendement.

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Avec notre correspondante à New Delhi, Carole Dietrich

« L’Inde est notre pays » ou encore « La vie des musulmans compte ». Voilà ce que l’on pouvait lire sur les pancartes des manifestants venus protester samedi contre la réforme de la loi sur la citoyenneté.

Un projet de loi qui prévoit d’accorder la nationalité indienne à plusieurs communautés religieuses ayant fui l’Afghanistan, le Pakistan et le Bangladesh à l’exception des musulmans. Une réforme que Kaushik Raj, un étudiant en ingénierie de 21 ans, juge anticonstitutionnelle.

« Ce projet de loi va à l’encontre des principes de laïcité de l’Inde. La différence entre l’Inde et le Pakistan en 1947, est que l’Inde n’a pas été fondée sur des principes religieux. Et je suis un hindou privilégié, c’est pour cela que je peux dire ces choses-là ouvertement, rien ne va m’arriver ».

Car depuis l’arrivée au pouvoir des nationalistes hindous en 2014, l’Inde a effectivement assisté à une recrudescence des crimes de haine, visant particulièrement la minorité musulmane qui représente 14% de la population indienne.

Le gouvernement du Premier ministre Narendra Modi justifie cette réforme estimant qu’il s’agit de protéger les communautés religieuses persécutées dans les pays à majorité musulmane. Mais Mohammed Sadu y voit toute autre chose. « Ce gouvernement vise les musulmans, nous connaissons leur idéologie, ils pensent que les musulmans ne font pas partie de cette culture, pas partie de ce pays ».

La réforme devrait être présentée devant le Parlement la semaine prochaine.

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