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Corée du Nord

L’ONU et l’épineuse question du renvoi des ouvriers nord-coréens de l’étranger

Un travailleur nord-coréen pris en photo à Gdynia en Pologne. (Illustration)
Un travailleur nord-coréen pris en photo à Gdynia en Pologne. (Illustration) REUTERS/Peter Andrews

Depuis deux ans, 23 000 travailleurs nord-coréens travaillant dans des pays étrangers ont été renvoyés chez eux, affirme un rapport de l’ONU publié jeudi. Ces personnes rapportaient de précieuses devises au régime de Pyongyang. Les sanctions de l’ONU exigent leur expulsion d’ici le 22 décembre. Mais certains alliés de la Corée du Nord sont déjà soupçonnés de ne pas respecter leur engagement.

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De notre correspondant à Séoul,

Selon le panel des experts des Nations unies, qui vérifient si les États membres appliquent bien les sanctions, plus d’un quart des 100 000 ouvriers nord-coréens travaillant à l’étranger ont déjà été rapatriés depuis 2017.

18 500 ont ainsi été expulsés par la Russie, 900 par le Koweït, 2 500 par le Qatar – qui avait recruté des Nord-Coréens pour construire ses stades de la future Coupe du monde. La Chine, où travailleraient 50 000 Nord-Coréens, n’a pas donné de chiffres mais assure en avoir renvoyé la moitié.

Plus d’un demi-milliard pour le régime Pyongyang

Ces ouvriers travaillent dans le secteur du textile, de la construction, ou de l’exploitation forestière. Selon les États-Unis, cette main d’œuvre très bon marché rapporterait plus d’un demi-milliard de dollars par an au régime.

Ces devises sont soupçonnées de financer le programme de développement nucléaire et balistique nord-coréen. C’est pourquoi la résolution 2397 votée en 2017 par le Conseil de sécurité oblige les pays membres de l’ONU à expulser tous ces travailleurs d’ici le 22 décembre.

Mais certains États sont déjà soupçonnés de ne pas vouloir respecter ces sanctions. La question se pose ainsi pour les deux grands alliés de la Corée du Nord, la Russie et la Chine, qui sont aussi les deux principaux employeurs d’ouvriers nord-coréens.

Le double jeu de la Russie

En apparence, Moscou joue le jeu: la fréquence des vols entre Vladivostok et Pyongyang est passée de deux par semaine à deux par jour en décembre, afin de rapatrier les nombreux Nord-Coréens travaillant en Sibérie.

Mais un scoop de NKnews, un site d’information spécialisé sur la Corée du Nord, révèle qu’en deux ans le nombre de visas étudiants et touristiques délivrés par la Russie à des Nord-Coréens a été multiplié par dix !

Près de 1 300 Nord-Coréens sont entrés en tant que touristes lors des neuf premiers mois de 2017, un nombre qui a explosé et qui approche les 13 000 sur la même période cette année. Cette augmentation est suspicieuse, et les analystes y voient un moyen de contourner les sanctions.

La coopération de la Chine, « une douce illusion »

Du côté de la Chine, principal soutien du régime nord-coréen, on veut à tout prix éviter un effondrement de l’économie nord-coréenne, et continue maintenir celle-ci sous perfusion, notamment par l’envoi de matières premières.

Lee Seong-hyeon, directeur du Centre des études chinoises à l’Institut Sejong à Séoul, estime que si la Chine va faire croire qu’elle rapatrie en apparence ces ouvriers nord-coréens. Sur le terrain, les choses seront différentes. « La Chine et la Corée du Nord partagent une frontière longue de plus de 1 400 km. Une frontière très poreuse. Elles ont aussi mis en place différents types de visas étudiants, touristiques, [familiaux], qui peuvent servir à contourner les sanctions. Je pense qu’obtenir la coopération de Pékin est devenue une douce illusion. La Chine est surtout préoccupée par sa rivalité à moyen et long terme avec les États-Unis. La [coopération entre Pékin et Washington au sujet de la Corée du Nord] se désintègre. »

Pyongyang a profité de la reprise du dialogue depuis deux ans pour resserrer ses liens avec Pékin. La pression des sanctions s’est relâchée. Aujourd’hui, les pourparlers de dénucléarisation avec Washington sont au point mort, le régime menace de reprendre ses provocations. Mais un retour à la politique dite de « pressions maximales » semble difficile.

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