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Pakistan

Pakistan: le pays commémore le massacre des élèves de Peshawar

Des étudiants prient en mémoire des victimes de l'attentat de 2014, le 16 décembre 2019.
Des étudiants prient en mémoire des victimes de l'attentat de 2014, le 16 décembre 2019. REUTERS/Fayaz Aziz

Le Pakistan se souvient dans la douleur de l’attaque d’une école pour enfants de militaires à Peshawar, dans le nord-ouest du pays. Un commando de talibans tue 141 personnes, dont 132 enfants, selon le bilan officiel. Cette attaque est l’une des plus sanglantes qu’a connues le pays au cours de ces 15 dernières années.

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Avec notre correspondante à Islamabad, Sonia Ghezali

C’était il y a 5 ans, le 16 décembre 2014. Un commando de 6 personnes appartenant à un groupe dissident du TTP, le Mouvement islamiste des talibans du Pakistan, portant des ceintures d’explosifs, ont ouvert le feu dans l’établissement, l’un d’entre eux se faisant exploser au milieu des écoliers. Cet attentat reste un grand traumatisme du pays.

« Les plus petits cercueils sont les plus lourds »

Plusieurs familles de victimes se sont rassemblées à Peshawar pour honorer la mémoire des victimes. Un rassemblement a également été organisé à Islamabad avec des militants de la société civile. « Les plus petits cercueils sont les plus lourds », peut-on lire sur une pancarte tenue par une femme. Près d’elle, plusieurs militants des droits de l’homme soutiennent une large banderole blanche avec les photos des enfants tués dans l’attaque. Au sol, une longue rangée de bougies allumées.

Fatima Atif, militante des droits de l’homme, participe au rassemblement. « Après l’attaque, quand j’envoyais mes enfants à l’école, je n’arrivais pas à me concentrer sur mon travail, je n’arrivais pas me détendre chez moi ou au bureau, avoue-t-elle. Je n’arrêtais pas d’appeler l’école pour m’assurer qu’ils étaient en sécurité. Et cette situation continue, j’ai toujours ce sentiment, je n’arrive pas à m’en débarrasser. »

La mère de Mohammed Ali Khan, 15 ans, pleure la mort de son fils, tué dans une attaque particulièrement sauvage des talibans pakistanais, le 16 décembre 2014, à Peshawar.
La mère de Mohammed Ali Khan, 15 ans, pleure la mort de son fils, tué dans une attaque particulièrement sauvage des talibans pakistanais, le 16 décembre 2014, à Peshawar. REUTERS/Zohra Bensemra

« Les livres scolaires sont emplis de concept de jihad »

La cruauté des assaillants ce 16 décembre 2014 a laissé des traces indélébiles dans la mémoire collective. « Ils ont été dans les classes, dans les couloirs, dans la salle de réunion, dans l’auditorium. Ils ont visé et tiré sur les enfants, les enseignants, et le principal », témoigne Tahira Abdullah, militante des droits de l’homme. Cette dame met en cause le système éducatif pakistanais qui promeut la violence, selon elle. « Nous voulons des réformes dans l’éducation, le programme scolaire doit être réformé, les livres scolaires sont emplis de concept de jihad, de haine, de glorification de la guerre, de haine des minorités, d’absence d’égalité. C’est ce que nous voulons changer. »

Si la situation sécuritaire liée au terrorisme s’est nettement améliorée au cours de ces dernières années au Pakistan, elle reste néanmoins encore très fragile, rappelle la militante.

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