Accéder au contenu principal
Japon

L'exercice médiatique libanais de Carlos Ghosn très attendu à Tokyo

L'arrivée des journalistes à la conférence de presse de Carlos Ghosn, ce mercredi 8 janvier à Beyrouth.
L'arrivée des journalistes à la conférence de presse de Carlos Ghosn, ce mercredi 8 janvier à Beyrouth. Reuters

La conférence de presse de Carlos Ghosn devant des journalistes triés sur le volet à Beyrouth, est la première depuis son arrestation au Japon en novembre 2018, la première aussi depuis sa fuite au Liban dans la nuit du 29 au 30 décembre dernier. Les Japonais suivent l'affaire.

Publicité

De notre correspondant à Tokyo

Des journalistes, des hommes d’affaires, des juristes à Tokyo notent que Carlos Ghosn se sert des médias étrangers et de leur complaisance à son égard depuis son arrestation - pour faire le procès du Japon, de son système judiciaire, de Nissan, du gouvernement qu’il accuse d’avoir ourdi un complot contre lui pour l’empêcher de fusionner Renault et Nissan.

Et à lui seul, Carlos Ghosn parvient à écorner méchamment l’image du Japon à l’étranger, à faire oublier ses inculpations pour abus de confiance sans que le gouvernement soit en mesure de réagir parce qu’il ne sait pas communiquer avec le monde extérieur.

Les Japonais remontés

La fuite de Carlos Ghosn prouve sa culpabilité, pour les Japonais. Mais ils se demandent aujourd’hui comment Nissan a pu tolérer aussi longtemps un tel dirigeant. Nissan évalue à 300 millions de dollars le coût de ses malversations. Un Carlos Ghosn que la direction de Nissan a accusé depuis son arrestation d’être un dictateur et de n’avoir eu aucune sympathie pour les Japonais. La conférence de presse de Carlos Ghosn ne peut que ternir encore plus l’image de Nissan. Le titre de Nissan en bourse est au plus bas depuis plus de dix ans.

Quant au gouvernement, il n’est sorti de son silence qu’une semaine après la fuite de Carlos Ghosn pour ne rien dire sur l’énorme faille dans la sécurité de son aéroport international d’Osaka qui a facilite sa fuite au Liban. Le gouvernement n’a toujours pas donné sa version de la grande évasion de Carlos Ghosn. Lors de sa conférence de presse, Carlos Ghosn ne va sans doute pas manquer de reprendre ses critiques contre le système judiciaire japonais.

À lire aussi : Une conférence de presse à Beyrouth pour « dicter le tempo médiatique »

Un débat sur la justice japonaise

Et les juristes japonais n’ont pas attendu le « J’accuse » de Carlos Ghosn contre la justice japonaise pour demander depuis des décennies une réforme du système de garde à vue. Ce système vise à obtenir du suspect qu’il admette sa faute, parfois sous la contrainte, sinon il reste en prison jusqu’à son procès.

Mais la fuite de Carlos Ghosn au Liban pousse le ministère de la Justice à se montrer inflexible. Il y aura moins de libérations sous caution, surtout si les suspects sont des étrangers.

D’anciens procureurs traitent le juge qui a autorisé la libération sous caution de Carlos Ghosn de tous les noms d’oiseaux. Il présentait un risque de fuite évident et le mandat d’arrêt à l’encontre de son épouse Carole aurait du être lancé, non pas hier, mais beaucoup plus tôt. Car, aux yeux de ses anciens procureurs, Carole Ghosn a été le cerveau dans l’organisation de la fuite de son mari.

NewsletterAvec la Newsletter Quotidienne, retrouvez les infos à la une directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.