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Chine / Santé et médecine

Virus chinois: Pékin minimise-t-il les chiffres de la contamination?

Un panneau informe les passagers à l'aéroport japonais de Narita, le 16 janvier 2020.
Un panneau informe les passagers à l'aéroport japonais de Narita, le 16 janvier 2020. STR / JIJI PRESS / AFP

Quatre cas supplémentaires de personnes contaminées par le nouveau type de coronavirus ont été recensés samedi, portant le nombre total à au moins 45 patients infectés à Wuhan, dans le centre de la Chine, où la totalité des cas chinois a été signalée depuis le mois dernier. Mais certains doutent de cette version des autorités.

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Avec notre correspondant à Shanghai, Simon Leplâtre

Combien de personnes le nouveau coronavirus qui sévit dans le centre de la Chine a-t-il infectées ? Quarante-cinq, comme l’affirment les autorités sanitaires chinoises ou 1 723 comme l’affirme une étude de scientifiques de l’Imperial College de Londres ?

Incohérences

De plus en plus de Chinois doutent des informations officielles, après la mort d’une seconde personne infectée cette semaine. Sur les réseaux sociaux, certains demandent : comment se fait-il que le virus ait atteint Hong Kong, le Japon et la Thaïlande, mais pas une seule autre province de Chine ?

C’est à peu près la même question que se sont posée les scientifiques de l’Imperial College de Londres : ils ont analysé les données de trafic de l’aéroport de Wuhan, cette ville du centre de la Chine où le virus est apparu pour conclure que si trois personnes ont été infectées à l’étranger, sans doute plus de 1 700 personnes pouvaient être infectées en Chine. C’est évidemment un ordre de grandeur.

Inquiétude à l'approche du Nouvel An

Faut-il s’inquiéter pour autant ? Jusqu’à présent ce virus, qui appartient à la famille des coronavirus, n’avait jamais été observé. Son origine semble se trouver dans le marché aux poissons de Wuhan, aujourd’hui fermé, où des animaux auraient contaminé des humains. D’après le Professeur Fontanet, de l’Institut Pasteur, ce virus est génétiquement très proche de celui qui avait provoqué l’épidémie de Sras en 2003, causant plus de 700 morts sur 8 000 cas de maladie respiratoire aigue. 

Restent deux sujets d’inquiétude : d’abord, une possible mutation du virus, comme avec le Sras. Ensuite, la semaine prochaine, c’est le Nouvel An lunaire où les Chinois rentrent dans leurs familles aux quatre coins de la Chine. De quoi diffuser le virus à plus grande échelle.

Pour le professeur Adam Kamradt-Scott, de l’Université de Sydney, la réaction rapide de la Chine, qui a partagé la séquence génétique du coronavirus avec les chercheurs du reste du monde, a déjà permis de réaliser un test spécifique pour identifier les cas.

Mesures sanitaires dans les aéroports

Capteurs thermiques aux frontières de Hong Kong et dans les aéroports de Singapour et Jakarta, signalétique renforcée dans ceux du Japon. Les pays asiatiques sont sur le qui-vive, et ils ne sont pas les seuls.

De l’autre côté du Pacifique, les aéroports de Los Angeles, San Francisco et JFK à New York musclent également leurs mesures sanitaires. Des équipes médicales soumettront les passagers de tous les vols en provenance de Wuhan à des questionnaires et des examens.

Dans une semaine des centaines de millions de Chinois prendront le train ou l’avion à destination de l'intérieur de la Chine, les États-Unis et l'Asie du Sud Est. Le problème, c’est que Wuhan, le berceau de cette nouvelle forme de pneumonie est un important noeud ferroviaire et aérien.

La priorité pour les autorités sanitaires, c'est d'éviter de reproduire les erreurs de 2002-2003. Une autre souche de pneumonie, le Sras, s’était répandue depuis le sud de la Chine dans plus de 20 pays, tuant près de 800 personnes.

■ Risque-t-on une grande épidémie ?

L'essentiel des cas s'est déclaré en Chine, dans le pays d'origine, mais ce virus pourrait-il être responsable d’une épidémie à grande échelle, comme le Sras qui avait muté et s’était adapté à l’homme ?  Pour le moment, il n’y a pas d’inquiétudes à avoir, assure Patrick Berche, professeur émérite de microbiologie à l'Université de Paris.

Apparemment, pour le moment, rien n’indique qu’il [le virus] va donner une grande épidémie. On devrait avoir beaucoup plus de cas localement à Wuhan dans ce cas-là.

 

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