Accéder au contenu principal
Sri Lanka / Droit de l'homme

Sri Lanka: le président annonce morts les milliers de disparus de la guerre

La «commission sur les personnes manquantes» accueille les témoignages des proches des disparus, mais ceux-ci dénoncent son incapacité à poursuivre les responsables de ces enlèvements.
La «commission sur les personnes manquantes» accueille les témoignages des proches des disparus, mais ceux-ci dénoncent son incapacité à poursuivre les responsables de ces enlèvements. RFI/ Sébastien Farcis

Plus d'une décennie après la fin de la guerre civile au Sri Lanka, l'un des plus longs conflits en Asie du Sud, le président Rajapakse a reconnu que les milliers de disparus de cette guerre étaient morts. L'annonce est intervenue à l'issue d'un entretien avec la représentante de l'ONU à Colombo, Hanna Singer. L'annonce du président ne convainc ni les proches des disparus ni les ONG de défense des droits humains au Sri Lanka.

Publicité

100 000 morts, plus de 23 000 disparus selon les recensements officiels, la guerre civile qui a opposé pendant plus de 25 ans la majorité ethnique cinghalaise à la rébellion séparatiste tamoule, a laissé des traces profondes au Sri Lanka.

Annoncer dix ans après la fin de la guerre la mort de tous les disparus risque de ne pas apaiser les tensions. Comment faire le deuil sans connaître la vérité sur ce qu'il s'est passé ? Sans avoir jugé les responsables ?

À lire aussi : Sri Lanka: il y a 10 ans, la fin de la guerre civile entre Cinghalais et Tamouls

La réconciliation s'annonce d'autant plus difficile que le président Rajapakse, ancien ministre de la Défense, avait joué un rôle clé dans l'écrasement final de la guérilla séparatiste de la minorité tamoule.

« Même si c'est probablement vrai, l'annonce du président ne constitue pas une réponse émotionnelle appropriée aux familles des disparus, qui veulent aussi savoir ce qui est arrivé à leurs proches, estime Jehan Perera, directeur du Conseil national pour la paix (NPC) au Sri Lanka. Cela suppose une enquête, et c'est ce qu'est censé faire le bureau chargé des personnes disparues. Mais l'enquête est difficile, car cela suppose des poursuites pénales, de juger des coupables dans l'armée et le président l'a bien expliqué : on ne peut pas s'en prendre à notre propre armée, il en faisait partie. Je pense que dans ces circonstances, le gouvernement se doit de reconnaître la peine des familles des victimes et de trouver le moyen d'atteindre leurs cœurs, en leur montrant qu'il regrette ce qui s'est passé. »

Un pardon et un deuil qui sera difficile pour les famillestant que les dépouilles des défunts n'auront pas été retrouvées.

À lire aussi : Sri Lanka: toujours pas de tribunal pour juger les crimes de la guerre civile

NewsletterAvec la Newsletter Quotidienne, retrouvez les infos à la une directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.