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Loi sur la citoyenneté: 5e semaine d'un sit-in de femmes musulmanes à New Delhi

Dans le quartier de Shaheen Bagh, à New Delhi, un groupe de femmes protestent contre la nouvelle loi qui facilite la naturalisation des ressortissants de pays voisins, mais exclut les musulmans.
Dans le quartier de Shaheen Bagh, à New Delhi, un groupe de femmes protestent contre la nouvelle loi qui facilite la naturalisation des ressortissants de pays voisins, mais exclut les musulmans. REUTERS/Adnan Abidi

En Inde, la bataille judiciaire vient de commencer contre la loi sur la citoyenneté. L'opposition et des organisations de la société civile ont déposé 141 recours devant la Cour suprême. Les auditions ont démarré ce 22 janvier. Le gouvernement a quatre semaines pour préparer sa réponse. Dans le sud de New Delhi, un groupe de femmes musulmanes mène le plus long mouvement de protestation contre cette loi, un sit-in ininterrompu depuis cinq semaines.

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De notre correspondant à New DelhiSébastien Farcis

La nuit tombe et un froid glacial s’abat sur New Delhi. Mais une rue est éclairée, et sous une grande toile, une cinquantaine de personnes ont créé un refuge de chaleur. Ce sont les femmes du quartier de Shaheen Bagh, des citoyennes musulmanes ordinaires. Elles campent ici pour demander le retrait de la loi sur la citoyenneté, qui introduit des critères religieux dans l’obtention de la nationalité et exclut les musulmans. « Nous avons interpellé le Premier ministre Modi, mais il ne nous écoute pas. On nous pousse dans la rue, c’est donc cette rue qui nous sauvera. Nous ne bougerons pas d’ici ». 

Depuis cinq semaines que ces femmes sont installées ici, une petite ville de solidarité s’est formée autour d'elles. Certains distribuent de la nourriture, des artistes exposent des dessins qui rappellent les bases laïques de l’Inde, et partout, flotte le drapeau indien, seul signe de ralliement de cette foule multiconfessionnelle.

Amir Taqui, 18 ans, est le fils d’une des manifestantes : « Lors de l’indépendance, l’Inde a été divisée et beaucoup de personnes sont mortes à cause d’affrontements religieux. J’ai peur que cette loi crée les mêmes effets et que beaucoup meurent à nouveau ».

La Cour suprême a refusé de suspendre la loi et donné quatre semaines au gouvernement pour répondre à la centaine de recours déposés. Mais celui-ci a déjà prévenu qu’il ne changerait pas une virgule à ce texte.

 

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