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Coronavirus: l'épidémie sort de son foyer du Hubei, une première victime à Shanghai

Épidémie de coronavirus en Chine: dans un compartiment du métro de Pékin, dimanche 26 janvier 2020.
Épidémie de coronavirus en Chine: dans un compartiment du métro de Pékin, dimanche 26 janvier 2020. REUTERS/Carlos Garcia Rawlins

Le bilan des victimes du coronavirus est monté à 80 morts et plus de 2 744 cas confirmés, ont indiqué lundi matin les autorités chinoises. La capacité du virus à se répandre se renforce, selon les autorités. La maladie sort de son foyer d'abord localisé dans la ville de Wuhan où les premiers cas ont été signalés en décembre. Un premier malade est décédé des suites du coronavirus à Shanghai.

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► Bilan : 80 morts et plus de 2 744 cas confirmés, selon les chiffres annoncés lundi matin par les autorités chinoises. La province de Hubei est la plus touchée.

► Les capacités de propagation du virus se renforcent, selon la Commission de contrôle des maladies.

► La province du Guangdong impose à son tour le port du masque.

► Les restrictions à la circulation se multiplient et les écoliers sont privés d'école.

Le premier décès enregistré à Shanghai (24 millions d'habitants) concerne une homme âgé de 88 ans qui souffrait déjà de problèmes respiratoires, rapporte notre correspondante dans cette ville, Angélique Forget. Si l’on en croit les autorités chinoises, sa disparition porterait à trois le nombre de décès enregistrés en dehors de la province du Hubei d’où est partie l’épidémie. Trois décès sur 56 au total, mathématiquement c’est peu, mais le fait qu’un décès ait été enregistré dans la ville la plus peuplée du pays, qui plus est capitale économique, risque de faire monter l’anxiété parmi la population.

Dimanche matin, à Shanghai, quarante personnes étaient porteuses du virus et 70 en observation.

En début de soirée, le président de la Commission de contrôle des maladies a affirmé que les capacités de propagation du virus se renforçaient, selon notre correspondant à Pékin, Zhifan Liu. Il a aussi conseillé un allongement des congés jusqu’au 30 janvier en fonction de l’évolution de la maladie.

Lors d'une conférence de presse ce dimanche à Pékin et alors que les autorités viennent d'imposer le port du masque à Guangdong, la province la plus peuplée de Chine, le directeur de la Commission nationale de la santé (CNS) Ma Xiaowei a reconnu que beaucoup d'incertitudes entouraient le virus.« Selon certaines informations médicales récentes, la capacité du virus à se répandre semble se renforcer », a déclaré Ma Xiaowei, qui a ainsi confirmé que les connaissances étaient limitées concernant le nouveau coronavirus ainsi que les risques engendrés par la mutation du virus.

Sur la base de nos observations, la maladie peut se propager pendant la période d'incubation. Cette période dure 10 jours. Mais elle peut s'étendre d'une journée à 14 jours, ce qui est très différent du Sras. Le contrôle et le travail de prévention doivent être renforcés. Je pense que les mesures de contrôle et de prévention vont bientôt commencer à produire leurs effets et que la propagation de l'épidémie va baisser.Nos connaissances sur ce nouveau coronavirus sont limitées. Nous n'avons pas identifié son origine. Et nous n'avons toujours aucune certitude sur les mécanismes de transmission et ignorons si le virus peut muter.

De nouvelles restrictions imposées

À mesure que ce virus se propage dans tout les pays, de nombreuses villes chinoises prennent leurs dispositions notamment pour réduire les transports publics. À Pékin, Xian et Tianjin dans le nord du pays, plus aucun bus ne sort ou ne rentre dans la ville. Shanghai a aussi annoncé ce dimanche la suspension immédiate des lignes d'autocars longues distances.

À Pékin, les écoles ont déjà étendu les vacances pour les écoliers.

La province la plus peuplée de Chine, le Guangdong, a imposé ce dimanche le port du masque respiratoire à ses plus de 110 millions d'habitants, ont annoncé les autorités locales. Le port du masque est déjà obligatoire à Wuhan, la ville au coeur de l'épidémie. Une autre province, le Jiangxi (centre), ainsi que plusieurs grandes villes ont pris ce week-end des mesures similaires.

Tout le monde doit porter des masques, mais il y en a pas assez. Cela fait plusieurs jours que j’ai alerté les autorités de la police et de la mairie de Guangzhou qu’il va falloir fournir les masques. Je leur ai fait une proposition, de suivre l’exemple du Japon et de Hong Kong, de fournir gratuitement les masques aux habitants. Il paraît que même la Thaïlande fait la même chose. Le gouvernement doit assumer son rôle et travailler pour les habitants. Tous les jours, on reçoit des messages de la part du gouvernement disant qu’il faut porter des masques quand on sort et qu’il ne faut aller là où il y a beaucoup de monde. Nous, on aimerait bien porter des masques, encore faudrait-il qu’il y en ait.

La vente d'animaux sauvages dans le collimateur

Autres mesures prises : l'interdiction du commerce d'animaux sauvages jusqu'à nouvel ordre, une décision importante. À ce jour, les experts n’ont pas encore établi avec précision la nature exacte du virus, mais c’est depuis un marché de poisson de la ville de Wuhan que le virus se serait propagé. Dans ce marché, fermé début janvier, outre les fruits de mer, toutes sortes d’animaux sauvages étaient vendus, allant du chameau au serpent en passant par la civette. Ce petit mammifère de la taille d’un chat avait été l’animal porteur de l’épidémie de Sras (syndrome respiratoire aigu sévère) qui avait fait plus de 600 morts en 2003. Un virus semblable à celui de Wuhan et qui reste encore dans toutes les mémoires en Chine.

À écouter aussi : Coronavirus en Chine, faut-il craindre un nouveau Sras ?

Autre mesure : la suspension des voyages organisés en Chine et à l'étranger à compter de ce lundi. Les agences de voyage chinoises ne pourront plus vendre de réservations d'hôtels ni de voyages à des groupes, a précisé samedi soir la chaîne de télévision CCTV. Plusieurs cas de contamination en Asie-Pacifique, en Europe et aux États-Unis ont été attribués ces derniers jours à des personnes venant de Chine.

La situation est « grave », l’épidémie « s’accélère », déclarait samedi soir le président chinois Xi Jinping à l’occasion d’une réunion du bureau politique.

À écouter aussi : « La propagation du virus est liée à l'entassement de la ville » en Chine, selon Emmanuel Lincot, professeur à l'Institut catholique de Paris, chercheur associé à l'Iris, spécialiste de l'histoire politique et culturelle de la Chine contemporaine.

Shanghai, le 26 janvier: le parc d'attraction de Disney est fermé, mesure de précaution en raison de l'épidémie de coronavirus, alors que la Chine fête le Nouvel An.
Shanghai, le 26 janvier: le parc d'attraction de Disney est fermé, mesure de précaution en raison de l'épidémie de coronavirus, alors que la Chine fête le Nouvel An. REUTERS/Aly Song

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