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ANALYSE

Coronavirus: la Chine redouble d’efforts pour contenir l’épidémie

Un travailleur en tenue de protection à l'entrée d'une station de métro, à Pékin, le 27 janvier 2020.
Un travailleur en tenue de protection à l'entrée d'une station de métro, à Pékin, le 27 janvier 2020. REUTERS/Carlos Garcia Rawlins

La ville de Pékin fait état de son premier décès du coronavirus. Le bilan monte donc à 82 morts et 2 835 le nombre de cas confirmés en Chine. Le Premier ministre chinois Li Keqiang. Le gouvernement a prolongé les vacances du Nouvel Anpour tenter d'enrayer la propagation de la maladie. Le directeur de l’Organisation mondiale de la santé s'est rendu en Chine.

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Les autorités de la ville de Pékin ont fait état lundi d'un premier décès dans la capitale chinoise. La victime est un homme de 50 ans qui s'était rendu le 8 janvier dans la ville de Wuhan, le foyer de l'épidémie, et était tombé malade, avec de la fièvre, après être revenu à Pékin sept jours plus tard, a annoncé le comité à la Santé de la capitale. L'homme a succombé lundi 27 janvier à une défaillance respiratoire.

Le bilan continue d’augmenter et pour remonter le moral des troupes et rassurer la population, le Premier ministre chinois Li Keqiang, est en tournée d’inspection à Wuhan ce lundi, rapportent nos correspondant à Pékin, Zhifan Liu et Stéphane Lagarde. Li Keqiang est en première ligne, distribuant des « Jia you », des encouragements au personnel des hôpitaux, aux patients et aux habitants de Wuhan. Un Premier ministre qui cette fois porte la combinaison et le masque contrairement à sa précédente tournée des blouses blanches, la semaine dernière dans un hôpital sur les plateaux tibétains du Qinghai, critiquée car loin de l’épicentre de l’épidémie.

Débloquer des moyens humains et financiers

Li a été nommé hier à la tête d’une task force visant à remporter la bataille contre ce virus, pour reprendre les mots du président Xi Jinping prononcés hier.

Le numéro deux du gouvernement chinois était accompagné selon les médias d’Etat par un groupe de haut niveau chargé de lutter contre la propagation du virus. Alors que les réseaux sociaux dénoncent le manque de fournitures et de personnels pour soigner les malades, Li Keqiang a annoncé des renforts et des protections supplémentaires pour les soignants.

Ces derniers jours, la télévision centrale de Chine a montré l’arrivée de médecins de l’armée du peuple et la mobilisation notamment de 37 hôpitaux du Liaoning dans le Nord, qui ont envoyé à Wuhan leurs personnels. Le ministre des Finances a quant à lui annoncé dimanche que plus de 11, 21 milliards de yuans (1, 48 milliards d’euros) avaient déjà été débloqués pour tenter de contenir l’épidémie.

Contrôler la communication

Li Keqiang est venu aussi reprendre la main sur la communication. La conférence de presse dimanche de Wang Wiaodong, le gouverneur du Hubei, a suscité une grande colère de la part des habitants. Celui-ci s’est emmêlé dans le nombre de masques fournis à la ville, passant de 10,8 milliards à 1,8 million dans une mégalopole qui comprend 11 millions d’habitants, et alors que certains des fonctionnaires qui l’accompagnaient portaient leur masque à l’envers.

Zhou Xianwang, le maire de Wuhan a reconnu ce lundi que son administration n’avait pas été à la hauteur du défi, se disant prêt à démissionner comme Ma Guoqiang, le chef du parti communiste local. Dimanche soir, lors d’une conférence de presse, il avait annoncé que plus de 3 000 cas de personnes infectées pourraient être recensés au total dans la région, alors que le virus a fait 76 morts dans la seule province du Hubei.

Enfin le Premier ministre chinois est venu à Wuhan pour tenter de rassurer la population ce qui est loin d’être gagné. La peur panique du virus et la décision de fermer la mégalopole ont entraîné une ruée sur les supermarchés. Sur une vidéo qui a beaucoup circulé, on voit le numéro deux chinois prononcer un discours dans un supermarché alors qu’au premier plan une femme continue de remplir frénétiquement son caddie de légumes de peur de ne plus en trouver.

Dans le même temps, la période des vacances, qui devait initialement se terminer le 30 janvier a été prolongée indéfiniment, pour limiter les mouvements de plusieurs centaines de millions de Chinois, rentrés dans leur famille pour célébrer le Nouvel An lunaire.

►À lire aussi : Coronavirus en Chine: les conséquences économiques devraient se faire sentir

Pas de masques dans les pharmacies

Dans le sud du pays, la province du Guangdong, la plus peuplée, a imposé le port du masque respiratoire à ses quelque 110 millions d'habitants. Mais les pharmacies sont en rupture de stock.

« Tout le monde doit porter des masques, mais il y en a pas assez, raconte Oubo, un habitant de la ville de Guangzhou joint par Juehua Yang, de la rédaction chinoise de RFI. Cela fait plusieurs jours que j’ai alerté les autorités de la police et de la mairie de Guangzhou qu’il allait falloir fournir ces masques. Je leur ai signifié qu’ils feraient mieux de suivre l’exemple du Japon et de Hong Kong où les masques sont fournis gratuitement aux habitants. Il paraît aussi que la Thaïlande fait la même chose. »

Cet habitant estime aussi que « le gouvernement chinois doit assumer son rôle et travailler pour les habitants. Tous les jours on reçoit des messages de la part des autorités nous disant qu’il faut porter des masques lorsqu’on sort et nous demandant d’éviter les lieux où il y a beaucoup de monde. Nous, on aimerait bien porter des masques, mais encore faudrait-il en avoir ! »

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