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Coronavirus: en Chine, des villes au ralenti et une épidémie qui progresse

À Pékin, les autorités font état d'un mort et plus de 250 personnes contaminées. (Image d'illustration)
À Pékin, les autorités font état d'un mort et plus de 250 personnes contaminées. (Image d'illustration) REUTERS/Carlos Garcia

Le bilan du coronavirus en Chine a encore augmenté avec 563 morts et plus de 28 000 personnes contaminées. Les mesures de restriction continuent de se multiplier à travers le pays : mise en quarantaine, encadrement des déplacements et sites fermés au public. Dans la capitale chinoise, les Pékinois sont toujours cloîtrés chez eux par peur de l'infection.

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De notre correspondant à Pékin, Stéphane Lagarde

Des piaillements d’oiseaux en quête de nourriture sur des trottoirs recouverts par la neige, l’aboiement d’un chien et une alarme de scooter, voilà le décor sonore d’une avenue de Pékin tôt ce matin. Malgré les retours de vacances, la capitale chinoise continue de tourner au ralenti. La France et le Royaume-Uni ont conseillé à leurs ressortissants de ne pas rester en Chine, sauf raison impérative, et de nombreux expatriés sont partis.

Marianne est cheffe d’entreprise et elle a fait le choix de rester avec sa famille : « Pékin est vide. Il n’y a pas de voiture, il n’y a pas de gens dans la rue et il y a encore beaucoup d’endroits fermés. Nous, on est à la maison, en arrêt de travail puisqu’on doit faire l’école aux enfants tous les jours et cela nous prend la journée complète. Notre vie se résume à faire l’école, travailler depuis la maison, et sortir acheter quelque chose à manger puis rentrer ».

La peur dans les rues de Pékin

Contrairement aux mégalopoles de la province du Hubei, la mairie de Pékin n’impose pas de restrictions de circulation, les bus et les métros fonctionnent, pour la plupart à vide. Pour l’instant, les bilans communiqués par les autorités font état d’un mort et d’un plus de 250 personnes contaminées dans la capitale, sur 22 millions d’habitants. Mais cela n’empêche pas la peur.

Depuis une semaine, l’arrêt de nombreuses dessertes aériennes des compagnies internationales vers et au départ de Pékin a renforcé la psychose. « Nous, on ne se sent pas du tout inquiets. Mais, par exemple, moi qui ai une école d’art avec des enseignants étrangers, l’un des professeurs porte trois masques et se promène avec de l’eau de javel. D'autres professeurs veulent partir, car ils sont très inquiets », raconte Marianne.

Certains clients n’hésitent pas à porter des masques de ski pour faire leurs courses. Pour tenter de rassurer les Pékinois, la messagerie WeChat propose de nouvelles applications de conseils sur la santé.

Une ambiance similaire à Wuhan

Jamie Morris est Britannique et professeur d'anglais à Wuhan depuis un an. Depuis le 23 janvier dernier, il est confiné dans la métropole en raison de l’épidémie. « L'atmosphère était vraiment déprimante en comparaison avec l'ambiance qu'on connaît habituellement. Beaucoup de gens étaient partis rendre visite à leur famille pour le Nouvel An chinois. De nombreux magasins étaient aussi fermés à cause des vacances », raconte-t-il.

Mais ces derniers jours, le temps s'est adouci, les gens sortent prendre l’air, précise ce professeur d’anglais. « Il y a quelques jours, je suis allé faire des courses et j'ai vu beaucoup de monde se rassembler en bas de mon immeuble. »

Face au coronavirus, le Britannique admet avoir fait beaucoup de provisions de produits ménagers et s’être approvisionné en masques avant les ruptures de stock. « À chaque fois que nous sortons ou entrons dans l'immeuble, nous nous assurons de bien nous laver les mains et de désinfecter systématiquement toutes les surfaces à notre retour. On fait tout pour garder notre domicile bien désinfecté. »

Le 9 février prochain, Jamie Morris quittera Wuhan avec le dernier vol affrété par le gouvernement britannique .

L’inquiétude face aux chiffres officiels

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a lancé le 5 février un appel de fonds de 613 millions d'euros pour combattre, ces trois prochains mois, l'épidémie de coronavirus, qui a déjà fait près de 500 morts. L’OMS a indiqué qu’une mission internationale d'experts se rendrait en Chine « très bientôt », sans plus de précision.

Au sud de Shanghai, la ville de Ningbo, où 75 cas de coronavirus ont été déclarés, a été mise en quarantaine depuis le 4 février dernier. Un entrepreneur taiwanais, qui vit à Ningbo, a des doutes quant à la transparence des autorités : « Les autorités nous annoncent depuis plusieurs jours que le 7 ou 8 février sera un tournant, mais le nombre des malades et des décès, qui augmente sans cesse, est effrayant. On n'est pas du tout sûrs que la situation va s’améliorer après le 10 février ».

Pour cet entrepreneur, les autorités prennent essentiellement des mesures correctives : « Elles sont certes appliquées strictement, les fonctionnaires font ce qu’ils peuvent, mais les chiffres qu’ils donnent posent problème. Les informations qu'ils nous donnent sont probablement liées à leur volonté d'assurer la stabilité sociale. Comme tous les Chinois, j’ai des doutes sur les chiffres officiels, mais personne n’ose le dire publiquement ».

La Chine n’est pas le seul pays concerné par le coronavirus, puisque plus de 200 cas ont été identifiés dans une vingtaine de pays, notamment à Hong Kong qui a fait état d'un mort.

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