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Coronavirus: à bord du «Diamond Princess», les passagers rêvent de liberté

Les passagers portent des masques sur le bateau de croisière «Diamond Princess» au terminal de croisière de la jetée de Daikoku, à Yokohama.
Les passagers portent des masques sur le bateau de croisière «Diamond Princess» au terminal de croisière de la jetée de Daikoku, à Yokohama. Mandatory credit Kyodo/via REUTERS

Environ 3 700 personnes sont toujours en quarantaine à bord du paquebot « Diamond Princess » ce dimanche 9 février. Selon un dernier bilan, donné samedi, 64 cas de coronavirus sont confirmés. Les passagers, pour des raisons de sécurité, sont donc cloîtrés dans leurs cabines.

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Avec notre envoyée spéciale à Yokohama, Angélique Forget

Dans sa cabine de 20 m², Mathieu Smith, un Américain de 57 ans, tue le temps comme il le peut. La mise en quarantaine du Diamond Princess, ordonné à cause de 64 cas de coronavirus à bord, pourrait durer au moins encore dix jours. Dans ces conditions, il faut trouver de quoi s’occuper. « On lit, on regarde la télé ou des films et on passe beaucoup de temps sur les réseaux sociaux avec nos amis. Ils nous apportent beaucoup de soutien, cela fait du bien », raconte-t-il.

Cloîtrés dans leurs cabines

Mathieu Smith fait partie des passagers chanceux qui ont un balcon et qui peuvent donc prendre l’air quand ils le veulent et assister parfois à des scènes surprenantes. Ce matin, à sa fenêtre, un ballet de jets skis s’est déroulé sous ses yeux. Une petite dizaine de personnes sont venues apporter leur soutien aux passagers confinés à bord. « On a entendu de la musique comme s’il y avait une fête à l’extérieur. Des jets skis tournoyaient dans l’eau, c’était assez surréaliste. Cela nous a fait nous sentir comme des animaux en cage. Des gens sont venus seulement pour nous observer, mais aussi pour faire une sorte de show, c’était bizarre ! (rires) », s'amuse-t-il malgré la situation.

Dès sa sortie du bateau, cet avocat de Sacramento, en Californie, compte bien profiter de sa liberté. Aujourd’hui, il rêve de pouvoir à nouveau se promener au grand air, dans un espace un peu plus grand que son balcon.

À lire: Le coronavirus 2019-nCoV en 7 points


■ Inquiétude à Taïwan après l'escale du Diamond Princess

Avant d'être en quarantaine au large du Japon, le bateau de croisière avait fait une escale à Taïwan. Des tests effectués par la suite on révélé 64 cas de contamination. En réaction, les autorités taïwanaises ont diffusé une carte d'une trentaine de lieux visités par les passagers.

Avec notre correspondant à Taipei,  Adrien Simorre

Écharpe remontée jusqu’au menton et double masque noir, Emma ne lésine pas sur les protections. Sa boutique de pâtisseries taïwanaises est en plein cœur du quartier de Ximen, l'un des lieux visités par les passagers du navire Diamond Princess

« C’est devenu dangereux de travailler ici. Tous les commerçants ont peur parce qu’on ne peut pas savoir qui est contaminé. Je pense que le gouvernement devrait demander à tous les touristes qui viennent ici de porter un masque. »

Vendredi, les Taïwanais ont reçu un message d’alerte sur leur téléphoneet une carte listant une trentaine de sites touristiques visités par les croisiéristes, dont l'emblématique tour Taipei 101 ou le très fréquenté quartier de Ximen.

Les autorités taïwanaises ont diffusé une carte des lieux visités par les passagers du «Diamond Princess» lors de son escale au port taïwanais de Keelung, le 31 janvier dernier.
Les autorités taïwanaises ont diffusé une carte des lieux visités par les passagers du «Diamond Princess» lors de son escale au port taïwanais de Keelung, le 31 janvier dernier. Google My Maps

Les autorités demandent aux personnes ayant visité ces lieux lors de l'escale du navire, le 31 janvier, de surveiller leur état de santé. Ce dispositif d'alerte est habituellement réservé aux catastrophes naturelles, son utilisation a donc suscité l’inquiétude chez une partie des Taïwanais.

Les cheveux teints en blond, Yen, 27 ans, est vendeur dans une petite boutique de vêtement. « Envoyer cette alerte à tout le monde, ça n’a pas de sens, déplore-t-il. Il vaudrait mieux demander à chacun de porter un masque, plutôt que de dire que tel endroit est dangereux. Sinon cela fait peur à tout le monde. Regardez, aujourd’hui, c’est dimanche, et il n’y a vraiment pas beaucoup de monde dans la rue. »

Pourtant, la prudence des autorités a permis jusqu’à maintenant de limiter l’épidémie. Seuls 18 cas d’infections ont été comptabilisés à Taïwan. Ce nombre pourrait évidemment grimper après le passage du navire.

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