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Bangladesh: au moins 15 morts dans le naufrage d'un bateau de réfugiés rohingyas

Au Bangladesh, des réfugiés rohingyas font la queue pour obtenir des couvertures à l'extérieur du camp de Kutupalong près de Cox's Bazar, le 24 novembre 2017 (image d'illustration).
Au Bangladesh, des réfugiés rohingyas font la queue pour obtenir des couvertures à l'extérieur du camp de Kutupalong près de Cox's Bazar, le 24 novembre 2017 (image d'illustration). REUTERS/Susana Vera

Au moins 15 personnes sont mortes noyées et des dizaines sont portées disparues dans le naufrage au large du Bangladesh d'un bateau transportant des réfugiés rohingyas en route vers la Malaisie, ont annoncé mardi les autorités locales.

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Quelque 130 réfugiés, principalement des femmes et des enfants, s'entassaient sur une embarcation de pêche engagée dans le golfe du Bengale à destination de la Malaisie, un dangereux voyage de 2 000 kilomètres, ont indiqué les garde-côtes bangladais.

Soixante-dix personnes ont été secourues pour le moment. Les opérations de recherches se poursuivent à proximité de l'île Saint Martin, située non loin de la côte bangladaise, mais un premier bilan fait état d’au moins 15 morts.

Le bateau d'à peine 13 mètres de long était l'une des deux embarcations parties lundi soir du district de Cox's Bazar, dans le sud-est du Bangladesh, où les camps de réfugiés rohingyas accueillent près d'un million de personnes et dont les résidents ont théoriquement l'interdiction de sortir. Selon les garde-côtes bangladais, le bateau ne pouvait contenir que 50 personnes, rapporte notre correspondante à Rangoun, Sarah Bakaloglu.

De nombreux Rohingyas tentent de rejoindre la Malaisie

De nombreux Rohingyas de Birmanie, qui avaient déjà fui au Bangladesh en raison des violences contre leur minorité musulmane, tentaient cette fois-ci d'échapper à la misère et au désespoir des gigantesques camps de réfugiés dans leur pays d’accueil, où ils font face notamment à la menace du trafic d’êtres-humains et où l’insécurité est la règle. Cela en embarquant pour la Malaisie, dans l'espoir d'une vie meilleure.

Depuis l'année dernière, les forces de sécurité bangladaises ont interpellé plus de 500 Rohingyas dans des villages côtiers et sur des bateaux alors qu'ils s'apprêtaient à partir pour la Malaisie, pays à majorité musulmane d'Asie du Sud-Est et où se trouve déjà une importante diaspora rohingya. La police locale a aussi abattu au moins sept trafiquants d'êtres humains présumés en 2019 dans des affrontements.

« Une tragédie annoncée »

Ce naufrage « était une tragédie annoncée. Les réfugiés rohingyas vivent dans des conditions de confinement dans les camps. Ils tentent de plus en plus de quitter les camps et deviennent victimes de réseaux de traite d'êtres humains », a estimé Shakirul Islam, un expert des migrations, interrogé par l'Agence France-presse. Le trafic augmente durant la période novembre-mars, après la mousson, lorsque la mer est plus sûre pour permettre à des petits bateaux de pêche d'entreprendre le périple risqué pour la Malaisie.

►À lire aussi : Birmanie: deux ans après, retour sur les dates clés de la crise des Rohingyas

En septembre dernier, l’ONG Amnesty International y dénonçait des exécutions extrajudiciaires de Rohingyas par la police, et les autorités bangladaises ont décidé de couper l’an dernier les communications mobiles dans ces camps de réfugiés.

En deux ans, seuls quelques Rohingyas ont accepté de rentrer en Birmanie, un pays où ils sont privés du droit à la citoyenneté. Car le gouvernement birman les accuse d’être des immigrés illégaux originaires du Bangladesh et cette minorité musulmane ne peut pas se déplacer librement. Selon la Cour internationale de justice (CIJ), les Rohingyas en Birmanie restent extrêmement vulnérables.

On estime à 25 000 le nombre de Rohingyas ayant fui le Bangladesh et la Birmanie en 2015 en essayant de gagner par bateau la Thaïlande, la Malaisie ou l'Indonésie. Des centaines d'entre eux sont morts noyés.

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